Baptiste RABOURDIN

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On m’aurait menti – Ile de Pâques

J’ai reçu de nombreuses invitations étranges depuis que eco-SAPIENS existe. Je fais partie des privilégiés systématiquement conviés aux conférences de presse du syndicat agricole FNSEA. Et j’ai régulièrement l’opportunité de boire un cocktail au ministère de l’Ecologie. Mais il faut croire que je porte la poisse : M. Hulot démissionna une semaine après l’évènement où je me rendis; puis ce fut M. de Rugy qui fut pincé pour une histoire de homards peu après un autre congrès dans les appartements du boulevard Saint-Germain…

Parfois on me demande d’intervenir. J’ai pu aller raconter des choses plus ou moins intéressantes à un congrès d’infirmiers en Lorraine. M’en sortir honorablement sur une prise de parole dans un séminaire sur le plastique des jouets. J’ai fait rouler des boites de thon dans un supermarché pour un documentaire TV…

Voyez ! Je trie sélectivement.

Je me souviens d’un colloque au museum d’histoire naturelle. Très pointu, sur la biodiversité, avec d’éminents professeurs. Un jeune intervenant avait déclaré son coup de cœur pour le livre « Effondrement » de Jared Diamond. Dans l’assistance, un autre professeur, plus âgé, avait aussitôt fulminé et dénoncé la mascarade de ce livre.

A l’époque, j’attribuais cette colère à une jalousie d’universitaire, peut-être même à de l’anti-américanisme primaire. J’avais dévoré cet essai de Jared Diamond, celui donc sur l’effondrement de civilisations (Pascuans, Vikings du Groenland, …) mais aussi un autre sur en gros « Pourquoi les Occidentaux ont gagné« . Formule un peu provocatrice mais qui au contraire montrait que ce « succès » planétaire du modèle occidental, était lié à une configuration géographique initiale avantageuse pour l’Europe (céréales, reliefs, animaux sauvages…)

Un peu comme une partie de « Civilization » où vous démarrez avec une carte pleine de ressources (ou plein d’as au poker) et donc vous n’avez pas grand mérite à remporter la manche.

Je crois aussi que ma passion pour l’île de Pâques a démarré ce jour là. Evidemment, je connaissais l’histoire de cette île sur-exploitée par les autochtones. Elle est la fable parfaite, à huis clos, de ce qu’est un écocide et donc d’une mise en garde planétaire : ne surexploitons-pas la planète sur laquelle nous vivons.

Cette fable est d’ailleurs tellement ancrée dans l’imaginaire populaire qu’EDF illustrait ses campagnes publicitaires avec des moaï afin de sensibiliser aux économies d’énergie.

Le début du greenwashing

En compagnie de Francis Maziere

Je tombe un jour par hasard sur « Fantastique Île de Pâques« , le récit de l’anthropologue écrit par l’ethnologue Francis Maziere. Ayant la chance de connaître la culture polynésienne car marié à la fille du roi de Tahiti, il est resté un an sur l’île (1963) pour mener des fouilles et des entretiens avec les vieux sages de l’île. Evidemment, il brûle de percer le mystère : comment ont-il pu ériger de tels blocs de pierre. Qui plus est sans arbres. Ne souhaitant pas divulgâcher, je vous invite à lire ce best-seller (si si… à l’époque on lisait cela !)

Mais je peux vous dire que la réponse est évidente…

En compagnie de Thor Heyerdahl

En 1956 un autre navigateur un peu givré (car oui à l’époque il fallait soi même organiser son voyage à la voile, sur une cinquantaine de jours pour débarquer…) entreprend les premières fouilles archéologiques.

C’est un Norvégien, il s’appelle Thot Heyerdahl, et il veut montrer que la colonisation de l’Île de Pâques est venue d’Amérique et non de Polynésie. Cette théorie est aujourd’hui abandonnée… il est même possible que des Pascuans soient parvenus à découvrir la côte andine.

Mais je m’égare…

Ce que j’appris avec ces deux récits, c’est qu’en fait Jared Diamond a dit beaucoup de conneries… Des petits arrangements avec la réalité, une manière de ne garder que les témoignages des premiers explorateurs (Roggeveen, Cook, La Pérouse) qui vont dans le sens qui l’arrangent.

Par exemple les autochtones auraient été décimés et les survivants devenus faméliques. Rien n’est moins sûr. Il y a des témoignages étonnants sur le fait que les Pascuans, devenus méfiants par les différents manques d’urbanité de nos valeureux explorateurs (surtout Cook), avaient décidé de cacher les enfants dans des grottes secrètes.

Je ne veux pas rentrer dans les détails pour arriver à l’épisode majeur qui a vu la civilisation de l’ïle de Pâques agoniser. A savoir… la capitalisme !

Car au XIXème siècle, les Péruviens réduisent en esclavage les habitants pour aller extraire du guano. Ceux qui sont revenus amenaient des maladies qui eurent vite fait d’amener la population à une centaine d’individus.

Une histoire bien connue, à peu de chose près celle des conquistadors espagnols en Amérique pré-colombienne.

Bref, j’ai redécouvert une Île de Pâques plus complexe. En proie à des tensions, des massacres entre « longues oreilles » et « courtes oreilles », une île décrite comme luxuriante quand elle fut décrite par les premiers Européens.

Bref, une petite île où au contraire, un peuple vivait avec son environnement et où la régulation se faisait par ce que l’Homme sait le mieux faire : s’entre-tuer.

Alors j’aurais vraiment aimé que l’Île de Pâques garde ce statut de fable écologique invitant à la résilience. Mais comme disait Brecht « malheureux les pays qui ont besoin de fables ».

Pour David

Mon cher David,

Je suis heureux de pouvoir te dédier ce billet sachant que tu ne le liras certainement jamais. Pour la simple raison que tu es parti pour un voyage sans retour.

Juste avant que tu nous quittes, tu as toi-même dit que cela faisait bizarre de se sentir triste simplement en constatant la tristesse des gens qui sentent ton départ. Exactement comme ces enterrements où l’on culpabilise de ne pas être chagriné par le défunt cependant que l’on se soulage à l’idée de pouvoir verser des larmes sincères et d’empathie.

Bon ! Tu n’es pas mort; au contraire ! Mais d’un point de vue social c’est tout comme. Passer la toge et méditer dans au monastère zen pour le restant de sa vie, c’est sombrer lentement dans l’oubli. Et, hélas, peu de gens comprennent ce choix.

Or moi je le comprends sans peine. Que ce monde est fatigant à la fin !

On a passé toute une journée, magnifique, ensemble, quelques jours avant ton départ. Ce qui est plutôt amusant puisque l’on se connaît peu. Dans ce couvent réhabilité en restaurant, perdu dans le Royans et ses montagnes dorées par l’équinoxe d’automne, j’ai voulu faire un bon mot : quel dommage de ne pas avoir deux vies !

Une vie régulière et une vie séculaire. Une pour se régler au monde spirituel.

Et une autre, dans le « siècle », pour vivre dans le matériel, le quotidien, le train-train avec ses retro-planning qui n’en finissent jamais…

Bon deux vies ca fait beaucoup. Même mon meilleur ami m’avait dit qu’une vie c’était presque trop… (et ça c’est un vrai bon mot !)

Dit comme cela, on pourrait penser que le monacat n’est qu’une fuite, une désertion, une capitulation face au capitalisme. Pourtant, nous avons longuement parlé de ta pratique méditative. J’aime bien te présenter comme mon pote champion du monde en méditation. Surtout parce que moi je suis nul, je désespère de comprendre comment cela fonctionne, malgré tous les livres zen que j’ai lus sur le sujet !

Tu m’as expliqué que c’est comme la cuisine. C’est mieux manger un bon plat plutôt que de lire la recette. Je regrette de ne pas avoir pris le temps de faire une séance avec toi, dans le Vercors, comme un saut à l’élastique..

Ayant eu quelques révélations mystiques lors d’un séjour au Mont Athos, où je croisai un vieux moine orthodoxe français au milieu de réfugiés anarchistes… j’ai depuis développé une sorte de goût romantique pour le cénobitisme…

Les dernières tribus s’exterminant peu à peu, les monastères sont peut-être les derniers lieux où l’on peut voir un autre monde dans ce monde. Un pied de nez involontaire au There Is No Alternative.

Peut-être que je fais fausse route avec mon obsession à voir de la poésie ou du politique dans une pratique qui n’est en fin de compte peut-être qu’un endoctrinement. Quand tu m’as énoncé quelques règles de l’étiquette zen que tu allais respecter (pas de parapluie, pas à moins de 5 mètre de sa toge…) tu m’as assuré que oui c’était inepte. Et c’est pour cela que j’ose croire que cette étonnante vocation est un acte mûrement et longuement réfléchi.

Un monastère, c’est un paratonnerre contre la foudre du temps qui passe. Je te disais que ce monde est fatigant. Pas plus tard qu’hier (mais on pourrait actualiser ce billet chaque semaine…) on apprenait pêle-mêle l’ampleur de la fraude fiscale, le report des objectifs de lutte contre le changement climatique, du glyphosate et que sais-je encore…

Le monde n’est pas fatigant, il est épuisant. Une barque qui fuit de tous les côtés et des milliards de marins qui ne veulent pas écoper car ils voient bien qu’on est au sec dans la cabine VIP…

Mon cher David, tu es donc parti. Peut-être que tu reviendras. Des moines défroqués il y en a plein. Peut-être que le monastère est un canot de sauvetage qui lui aussi peut prendre l’eau.

Que l’on vive dans son siècle on que l’on vive reclus, peut-être qu’on est dans le même bateau, dans la même galère.

J’aime bien me dire qu’un des moines français les plus célèbres porte le nom d’une marque de pastis.

Chacun ses remèdes contre ce monde fatigant.

Le Cantique des Oiseaux (qui meurent) et La Langue des Oiseaux (qui disparaissent)

monkeyIl y a des invitations « petit déjeuner – conférence de presse » qu’on devrait refuser. Je ne sais comment mon email s’est retrouvé dans leur fichier mais j’ai accepté d’assister à une présentation presse sur l’état de santé de la biodiversité en Île-de-France. En clair, est que la faune et la flore de la région parisienne se porte bien. J’avais comme un pressentiment…

Continue reading « Le Cantique des Oiseaux (qui meurent) et La Langue des Oiseaux (qui disparaissent) »

Covoiturage a tué la finance !

vache-toitPris dans nos histoires de levée de fonds qui se fait avec WiSeed, sans WiSeed, avec d’autres ou avec vous, autant dire que le sujet « finance » et en particulier ce que l’on nomme la « finance solidaire » nous turlupine beaucoup. Bref !

J’ai écrit dans le billet précédent qu’une des raisons probables du désistement in extremis de notre interlocuteur financier était en dernier ressort l’appât du gain. On m’a reproché que c’était une posture idéologique.

J’ai poursuivi le débat avec le fondateur de Babyloan et le fondateur de WiSeed, deux aventures entrepreneuriales que je respecte et avec qui je ressens de l’empathie, ne serait-ce que parce qu’elles sont à la croisée, comme eco-SAPIENS,  des TIC et de l’éthique. Avec des nuances évidentes quand même !

Je reprochais à ces plateformes de crowdfunding d’avoir recours à d’autres plateformes pour se refinancer (Babyloan chez Anaxago et WiSeed… chez WiSeed) ce qui est un doigt dans un engrenage pervers où la finance passe plus de temps à financer la finance qu’à financer des projets. Et quand je vois la difficulté (juridique, technique) que nous avons à mobiliser des sommes bien moindres avec des indicateurs financiers équivalents sinon meilleurs, je me dis parfois que la finance est injuste. C’est mon côté naïf !

Surtout, en filigrane, je posais la question : « qui finance en dernier recours ? »
Des banques, des fonds privées, des hedge funds  très bientôt ?

toilettes-bigJe vous invite à lire le billet publié sur Mediapart qui est une attaque acerbe contre BlaBlaCar, site emblématique de l’économie collaborative. L’auteur, précurseur du site à l’époque où il s’appelait covoiturage.fr et où c’était gratuit, dénonce une évolution du service, devenant payant, opaque et fliqué. C’est un peu sévère envers le fondateur Frédéric Mazella qui a quand même « mangé des pâtes pendant des années » avant de connaître le succès en représentant 95% du covoiturage. On a quand même le droit d’être content quand quelqu’un, a force d’entêtement de persévérance, finit par y arriver !

Mais le billet proposé par Mediapart est quand même révélateur et fort instructif sur les « dérives » naturelles d’une prise de contrôle d’un projet « utopique » par un fonds d’investissement tellement capitaliste. On appelle cela, à défaut d’être précis, la « récupération par le système ».

La chose n’est pas si nouvelle et on aurait tort à mon avis d’accuser le capitalisme. C’est une question anthropologique, celle du don et du contre-don. Que Twitter, Skype et Facebook, services gratuits à l’origine finissent par nous harceler de pubs et à revendre les données personnelles à la NSA, on est dans la variante techno-moderne de Jules César capable de s’endetter à outrance pour lever une armée, franchir le Rubicon et rembourser les créanciers…

J’avais déjà interpellé les partisans de la conso collaborative qui fantasmaient encore sur le mythe de l’entrepreneur NTIC qui allait changer le monde certes… mais sans poser la question des moyens de ce changement. Si Covoiturage avait été une société coopérative, par exemple une SCIC, sûr que nous en serions fier comme l’on peut être fier de quelques vraies réussites comme BioCoop, la Nef ou Enercoop. Vraies réussites car sur le modèle transparent et démocratique, ce qui est loin d’être le cas pour le fonds d’investissement Isai…

planete-des-singesD’ailleurs le billet d’Evenstrood a un grand mérite, celui de proposer quelque chose d’alternatif, de le chiffrer (2€/an et par personne), et de montrer que ce service serait tout aussi bien rendu à moindre frais. Et que l’on serait donc réellement dans le partage, la mutualisation, la coopération. On est pas loi des exemples que je viens de citer. On peut aussi poser la question du rôle de l’Etat dans cette histoire (imaginez un site covoiturage.transports.gouv.fr ça donnerait quoi ? ou alors la SNCF qui proposerait du covoiturage comme pendant les grèves – eh eh c’est déjà le cas !)

La finance a obvieusement tué l’état d’esprit du covoiturage, comme le covoitureur tue l’auto-stoppeur et Airbnb le couchsurfer. Mais à l’inverse, on peut aussi dire que le covoiturage BlaBlaCar, par ses multiples dispositifs empêchant toute communication entre conducteur et passager a tué la finance… dans son sens étymologique. La finance, c’est d’abord la confiance ! le fiduciare (fides la foi) et le crédit (credo je crois).

Et moi, je continue à réfléchir pour savoir qui est le mieux placé pour changer ce monde : les citoyens, les entreprises, l’Etat ? Un peu des trois ?

En tout cas, je veux bien mettre deux euros par an dans un tel site internet. Vu que je ne paye pas de redevance pour cette télévision du service public

Les entreprises ne font pas de politique, les associations ne font pas de business

A la naissance, nous héritons d’une conception du partage des responsabilités entre les institutions qui, si l’on s’y’ arrête un instant, est assez grotesque.

Pour caricaturer, les entreprises sont asexuées: elles sont censées faire du profit sans se soucier de politique. Elles créent de la richesse et même de l’emploi, rendant ainsi service à l’Etat qui focalise sur ses résultats de croissance et de chômage.

En politique, il n’est pas rare de voir des artistes ou des personnalités soutenir clairement un candidat; mais on voit mal un patron donner des consignes de vote. Les exceptions existent, on parle de « patron de gauche » parce que c’est un objet inhabituel… (quoique !)

A l’opposé, les associations, et en particulier celles de défenses des droits sociaux de l’environnement, sont vues comme des « empêcheuses » de faire du business… et donc elle pénalisent les entreprises. Et l’Etat, beau joueur, utilise les subventions pour financer (acheter ?) des structures qui vont mettre des grains de sable dans la création de richesse monétaire… pourtant essentielle à l’accroissement de subventions.

Quand on y réfléchit bien, au nom de quoi, les chefs d’entreprise ne prennent-ils pas position sur les sujets de société, comme le font les politiques et les artistes ? A mon avis, la réponse est simple : ils ont peur que leur engagement nuise à leurs affaires.

Il y a aujourd’hui toute une littérature savante, notamment anglo-saxonne, que l’on peut résumer ainsi :

  1. Le secteur for-profit (les entreprises classiques) qui font du business, peu importe la couleur donc.
  2. Le secteur non-profit (les associations de défense) qui injectenet du « politique » dans le for-profit.
  3. Le secteur for-benefit (que l’on peut appeler économie sociale et solidaire ici) qui tente de dissoudre le clivage sus-cité, d’autant plus que les associations assument de plus en plus le vocabulaire marketing et les codes de la communication (Avaaz, ONG conseil…) et que les entreprises classiques donnent de plus en plus dans le social business, la RSE, le charity… (Danone, McDo…)

En lisant le billet du journaliste Fabrice Nicolino sur l’autoroute Pau-Langon, je me suis souvenu que nous en avions parlé en 2008, suite à un article d’un autre journaliste, officiant au Canard Enchaîné. C’était en 2008 ici sur le blog

Avec du recul, je me suis dit : « pourquoi avons-nous pris parti contre cette autoroute, au nom de quoi, est-ce notre rôle ? » Et la réponse m’a sauté aux yeux. Même si nous ne sommes pas une association de défense, nous sommes sensibles à la bidoversité. Même si nous ne sommes pas des journalistes, nous avons une expertise… et une audience !

On n’est pas étanche voyez-vous ! Et on considère qu’une entreprise, surtout si elle se réclame citoyenne, est tout à fait légitime pour prendre position sur des sujets politiques. D’autant que, comme dirait l’autre, tout est politique.

Ainsi donc, si l’on revient sur cette autoroute Pau-Langon, c’est donc conformément aux prédictions des « illuminés » écologistes que l’infrastructure se révèle être un fiasco. Un flop ! Une déroute ! Que dis-je une déculottée !

Cet exemple devrait faire réfléchir tous ceux qui veulent nous vendre de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou du réacteur EPR. Dénoncer ces futurs flops annoncés, ce n’est pas s’opposer à un gouvernement, à un parti ou à une petite équipe municipale. C’est s’opposer à une logique.

La même logique qui, au nom de la croissance et de l’emploi, n’ose pas interdire le chalutage profond, les OGM dans l’alimentation,les pesticides tueurs d’abeille… Etc

Nous étions présents au Festival de la Transition à Cluny où nous avons vu naître le Collectif de la Transition. Nous n’avions même pas fait attention que ce collectif, que l’on pourrait d’emblée penser comme « associatif » était tout de même composée d’une banque (La Nef), d’un réseau d’entreprises (Biocoop), d’une coopérative énergétique (Enercoop)…

Quand en 2007 nous avions demandé si la SCOP eco-SAPIENS pouvait rejoindre l’Alliance pour la Planète, collectif d’ONG regroupées à l’occasion des élections présidentielles, il nous avait été signifié qu’en tant qu’entreprise, notre requête ne pouvait aboutir.

Les mentalités ont donc évolué, notamment grâce à toutes ces entreprises « citoyennes » ou ces entrepreneurs « sociaux ». Il n’est pas étonnant qu’à l’heure où le clivage droite/gauche soit de plus en plus abscons, le clivage marchand/associatif s’estompe. En espérant bien sûr que le marchand soit le moyen et l’associatif la finalité !

 

Splendeur et misère des partisans de l’économie collaborative

C’est un billet qui aurait du sortir il y a bien longtemps. Hélas, le voici qui sort au moment même où nous allons recourir nous même au crowdfunding. En français, le financement participatif.

Pour ceux qui auraient passé ces dernières années en Corée du Nord, rappelons le principe :

1) Vous avez un projet qui nécessite un peu d’argent,
2) Vous expliquez votre projet sur un site internet appelé plateforme de crowdfunding en indiquant le montant désiré et des « contreparties » souvent symboliques (un nom au générique, un pin’s…)
3) Vous dites à la terre entière de passer par la plateforme pour faire le paiement en ligne
4) si le montant est atteint, la plateforme vous reverse la somme, sinon tous les donateurs sont remboursés !

La galaxie de l’économie collaborative

Le crowdfunding est une composante d’un phénomène plus large que l’on peut conceptualiser sous le nom d’économie collaborative. Il s’agit en résumant de court-circuiter les « professionnels » pour en appeler à monsieur tout-le-monde. Dans le cas du crowdfunding, plus besoin de banquier, chacun peut amener un peu d’argent.

Autre exemple célèbre : le co-voiturage. Pourquoi continuer à utiliser sa voiture ou payer un taxi quand on peut « partager » la voiture de quelqu’un qui ferait le même trajet ? Chacun peut devenir taxi. Dernier exemple connu, le site airbnb où l’on peut louer une chambre ou un appartement. Chacun peut devenir hôtelier.

On n’évoquera pas ici les questions juridiques mais on devine que les professionnels voient d’un mauvais oeil cette démocratisation de leur gagne-pain.

Précisons plutôt ce qui caractérise l’économie collaborative :

  1. la mise à disposition de ressources par quiconque
  2. l’accent mis sur l’usage et non la propriété

Le périmètre est dur à circonscrire car l’économie collaborative regroupe par exemple des démarches aussi bien marchandes que gratuites. Ainsi le couchsurfing est un réseau où l’on dort les uns chez les autres (les Anciens appelaient cela l’hospitalité) tandis que Airbnb est un service payant mettant en relation des hébergeurs privés avec des vacanciers. Aujourd’hui on associe souvent l’économie collaborative au monde de l’Internet puisqu’assez logiquement, le web est la technologie idéale pour mettre en relation. Néanmoins, j’observe que les penseurs de la consommation collaborative n’hésitent pas à mentionner les AMAP alors que celles-ci ont vu le jour et se développent sans qu’Internet soit un facteur clé de succès.

Au premier abord, il est difficile d’être contre cette tendance (sauf bien sûr par corporatisme comme nous venons de le voir). Néanmoins, comme tout phénomène suscitant un fort engouement, j’ai parfois la sensation que le raisonnement ne pense pas à long terme.

En observant le phénomène, comment ne pas songer aux promesses jadis de l’Internet révolutionnaire, qui allait renverser le capitalisme par sa logique de gratuité et de partage ? Internet est finalement devenu majoritairement un endroit gouverné par la publicité, la fast-pensée enfermée dans 250 caractères, l’addiction aux jeux en ligne débiles (Farmville, Angry Birds…) et bien entendu, le véritable moteur du web… la pornographie. Côté monde marchand, Internet est devenu un véritable gouge où l’on ne sait même plus qui vend… tant que ca se vend !

Ne soyons pas si noir; il existe toujours un Internet plus proche de l’Eldorado annoncé : Wikipedia, OpenStreetMap et mille autres réussites proches du logiciel libre.

La Querelle des Anciens et des Modernes continue

Pour être au jus de l’actualité de l’économie collaborative, le portail incontournable est Ouishare. J’avoue avoir encore du mal à comprendre le but du site. Pour le moment j’y vois surtout des communiqués de presse euphoriques sur la sortie d’un site pour partager des machines à laver et des tribunes parfois plus philosophiques mais qui hélas ne convainquent guère. J’y trouve très peu de recul ou de références à des concepts antérieurs. A lire les articles, on a l’impression qu’avant l’avènement d’Airbnb, le don, le partage et l’échange étaient quasiment inexistants…

« Internet est en train de révolutionner notre façon de faire société »
cite-t-on dans un article pudiquement titré Arrêtez de réfléchir comme hier, pensez comme demain !

Hors de la culture Internet, point de culture possible ! C’est dommage de ne pas pouvoir étudier les connexions entre ce qui trame dans les start-ups et quelques ouvertures philosophiques, par exemple autour du concept du don et des réflexions du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste en Sciences Social).

Tapez « Mauss » sur ouishare, il n’y a rien. Et si vous vous demandez comment le principe de la « bibliothèque » s’articule dans cette nouvelle économie  vous aurez un résultat assez étrange :

Comme les bibliothèque [sic] où les ordinateurs ont remplacé les livres [re-sic : il faut des livres pour faire des bibliothèques ou alors je ne crois plus en l’étymologie…], le coworking fournit une alternative de plus en plus plébiscitée aux bureaux traditionnels. Retour sur les tendances d’un phénomène qui a changé la définition du mot travail.

On remarquera encore que le mot travail lui-même change de définition avec le co-working ! Tout est révolutionnaire ! Jetez vos dictionnaires !

Pour l’économie collaborative, la bibliothèque, à savoir la mise en commun par une ville d’ouvrages en libre accès, tout ceci est déjà old school. maintenant, il faudrait une start-up qui permette à chacun de lister ce qu’il possède comme livre à prêter, de les géolocaliser et donc chacun devient bibliothécaire du coin. La plateforme se rémunérerait avec un abonnement dérisoire pour pouvoir profiter du service.

Collaboration, don, partage, économie numérique

Il y a une ambiguïté à parler d’économie du partage quand on évoque des initiatives marchandes (airbnb, blablacar pour ne citer que les deux plus parlantes succes-stories). Le partage, c’est justement la possibilité de ne pas recourir à l’argent. Sinon c’est un peu comme lorsque l’on parle du don et qu’on précise « que le don n’est pas sans retour »…

Quel humoriste déclarait « Je suis disposé à vous donner ma montre si vous me donnez cinquante euros » ?

Le plus intriguant, c’est de retrouver sur ouishare un compte-rendu d’une conférence donnée par le libéral Alain Madelin. Je vous conseille de lire l’article « Alain Madelin, du libéralisme à la société non marchande » car il est révélateur de ce malaise quant à la finalité du mariage numérique/collaboratif. Outre les passages sur le transhumanisme et l’homme augmenté, on y retrouve l’idée d’innovation, de nouvelles richesses surtout immatérielles et même un passage par la case « décroissance » (le PIB n’est pas la richesse) aussitôt contredit par l’idée que le retour à la croissance sera possible grâce aux technologies numériques

Bref de la vulgate technophile et croissanciste très classique. Absolument pas « révolutionnaire ».

Parfois à tort critiqué de dangereux libéral, Alain Madelin semble déterminé à lancer un message profondément optimiste.
Encore un effort, Monsieur Madelin, et nous vous inviterons comme speaker à notre prochain Ouishare Talk !

Argh ! En ce moment, il y a des pubs sur le site pour le forum Convergences, grand raout et sous-titré sans rire « Vers un monde équitable et durable » où l’on aurait bonheur à croiser la fondatrice de Ouishare, Flore Berlingen mais aussi (l’inévitable) Jacques Attali, les PDG de TOTAL, BNP, Société Générale, Suez, Unilever et la crème du monde du développement…

Ré-vo-lu-tion-naire !

Une des références en la matière est le livre d’une amie, Anne-Sophie, qui s’intitule La Vie Share. Mode d’emploi. Dans une interview, elle évoque bien le risque de récupération.

« Un peu comme il y a du greenwashing, il y a du co-washing« . […]

Personnellement, je pense que sans garde-fou et sans recontextualisation du phénomène, il est évident que toute cette nouvelle économie n’est pas une récupération, mais une modalité tout à fait cohérente, si l’on n’y prend garde, du monde capitaliste. Qui repose sur la technique et l’atomisation de la société, sa réduction au rôle producteur/consommateur.

Co-llaboration vs Co-opération. L’individu ou le groupe

Certains ont déjà très bien établi une critique (au sens noble du terme) de ce qu’est le crowdfunding. Sur Technikart, Philippe Corcuff raisonne selon un axe marxiste/capitaliste qui à l’heure d’Internet garde toute sa pertinence. Il y voit un élargissement de la sphère marchande et constate que cela permet  aux banques de capter des flux sur des territoires encore vierges. Rappelons en effet que la plateforme prélève en gros 8% du montant levé, garde 5% et verse 3% à l’opérateur bancaire).

Aux Pays-Bas, les habitants d’un quartier réclamaient un pont à la municipalité. Las, ils vont le construire eux-mêmes grâce au crowdfunding avec pour slogan « Plus vous donnez, plus long est le pont ». A ce rythme, on va finir par construire des hôpitaux, des écoles, des centrales nucléaires et même lancer la troisième guerre mondiale avec la participation citoyenne de chacun !

C’est cette anecdote du pont (tout un symbole) qui m’a permis de comprendre pourquoi, bien que partisan de l’économie collaborative, je n’adhérais pas à toute cette apologie. J’ai réalisé soudainement que ces nouvelles modalités de consommation prétendaient nous rendre citoyen, prétendaient préparer un monde plus écologique mais qu’au final, elles assumaient surtout notre position individualiste. Ce que je dis n’est pas valable pour des tas de démarches s’inscrivant dans la consommation collaborative (je pense à la ruche qui dit oui, à disco soupe, à make sense…). Il faudrait nuancer. Evidemment que je soutiens le co-voiturage (même si à terme l’objectif est bien l’abolition de la voiture individuelle, la généralisation de la voiture partagée).

Mais les exemples phares relèvent souvent d’une conception atomisée de la société où nous ne sommes liés que par nos intérêts croisés… via l’outil numérique. Même si Ouishare  n’oublie pas de rappeler que c’est mieux de se rencontrer en vrai (MeetInRealLife), il est indéniable qu’Internet n’est que l’erstaz de nos relations sociales qui permettaient il n’y a pas si longtemps de « partager » tout autant.

Une sorte de cercle vicieux où le numérique nous isole… tout en nous offrant la possibilité de nous « rencontrer« .

Co-Working, co-voiturage, co-machine-à-laver, co-ceci, co-cela…

Je me suis souvenu que je faisais partie d’une autre famille, centenaire, la famille co-opérative. Et que je l’ai faite avec des co-pains (étymologiquement des gens avec qui je partageais le pain). Et que cette co-laboration (eh oui eco-SAPIENS aussi est un laboratoire !) était davantage une union de personnes qu’une liste de personnes dont les liens ne seraient que ceux de la toile.

Je me suis aussi souvenu que dans couple il y a co. Et que cela vient de copule. Certes un couple copule… mais pas que. (de lapin !)

Et qu’un couple n’est pas qu’une mise en commun de ressources afin de réduire son impôt, ses factures d’électricité et partager ses gamètes… Mais peut-être que Laurence Parisot avait raison. L’amour et le travail sont précaires, après tout.

Finalement, ce dont notre société a le plus besoin, ce n’est pas de connexions, mais de liens. Il faut plus de coopération et moins de collaboration.

Mais nous avons peur des liens car dans notre imaginaire ils nous attachent. Alors pourquoi diable cette belle maison d’édition s’appelle « Les liens qui libèrent » LLL.

 

Biblio:

  1. Sur Ouishare d’abord (pour montrer que ceci n’est pas un billet à charge) qui reprend un article de Marc Chataigner : Les fallacieux arguments de la consommation collaborative qui relate une expérience vécue. Il effleure le fait que le particulier n’est plus réduit à son rôle de consommateur. Mais il devient aussi prestataire de services et donc producteur. Argh !
  2. Philippe Corcuff sur Technikart : Le crowdfunding, arnaque ou révolution qui développe une version anti-capitaliste défendant la possibilité de garder des grains de sable situés hors des logiques marchandes.
  3. Les articles dans Ouishare ont souvent un titre un brin enthousiaste. En voici quelques uns.
    Le coworking est l’avenir de l’homme
    Vous aussi passez au transport de demain

    Lisa Gansky : le monde devient Meshy (maillage)
  4. Et bien sûr eco-SAPIENS… enfin il faut rendre à César ce qui appartient à ecoconso !

Indépendance, journalisme et écologie

Certains attendent la rentrée sur  le qui-vive pour commenter le mercato. Qu’il s’agisse du foot ou des chaînes de télés, ils se sont faits une spécialité de commenter les transferts et les transfuges. Personnellement, je suis de ceux-là… mais peu me chaut le PSG ou le prime-time de TF1.

Comme je me nourris au quotidien des infos glanées sur quelques medias de confiance, je suis bien plus concerné quand j’apprends que le grand reporter Hervé Kempf quitte Le Monde après 17 ans de bons et loyaux services.

Nous avons parlé de ce journaliste plusieurs fois, notamment pour ses livres : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme et ses conférences. Je me souviens notamment de sa carte blanche à Marseille où il avait parlé mais aussi grandement écouté les matches d’impros et les slameurs. C’était au Point de Bascule.

Nous savions qu’il y avait de l’eau dans le gaz (de schiste) la nouvelle direction du Monde et Kempf. Celui-ci a publié sur son espace d’expression, l’excellent site Reporterre, tout une explication sur son départ. Comme on s’en doute, il y est question de censure et d’auto-censure, notamment à propos du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce n’est pas un scoop de dire que le journal Le Monde est devenu un catalogue publicitaire pour CSP+++ où le fond des éditos laissent entrevoir un journal largement « engagé »… dans la défense des intérêts industriels.

Les articles d’Hervé Kempf constituaient une oasis appréciable. On se souvient que le mythique journal avait osé dans une nouvelle formule créer des pages « Planète ». Las, elles avaient disparu progressivement. Et sur Internet, le fil d’actualité nommé Planète confondait Environnement et Météo…

Durant l’ouragan Sandy de 2012, je m’étais amusé à faire une infographie sur les 71 articles publiés pendant la semaine. C’était la couverture d’un no-évènement; il y avait même des correspondant à New York pour nous apprendre que les bobos de Tribeca manquaient de cocktails.

En abandonnant un poste et un salaire certainement confortable, Kempf va redevenir un journaliste libre, et non pas un journaliste engagé. Comme Fabrice Nicolino, dans un autre style, et Laure Noualhat alias Bridget Kyoto, qui publie de moins en moins pour Libération (même constat que pour Le Monde).

Bizarrement, un site non spécialisé dans l’environnement tire selon moi son épingle du jeu. Arrêt sur images, spécialisé initialement dans la critique des medias, a été une bonne source pour suivre Notre-Dame-des-Landes et fait souvent preuve de discernement sur ces sujets.

Pour info, voici les sources qui m’alimentent quotidiennement.

  1. Planète sans visa
    Nicolino y parle de nature sauvage, de lobby, de viande, de politique, dans un style inégalable.
  2. Le Canard Enchaîné
    Conflit de canard et Professeur Canardeau et Plouf ! de Jean-Luc Porquet
  3. Novethic
    Hélas de moins en moins nourri.
  4. Terra eco
    On est abonné depuis les tout premiers numéros !
  5. La Décroissance
    Péché mignon, savoir trier le bon grain de l’ivraie. Les chroniques anti-techno et les portraits sont remarquables.
  6. Kaizen
    Tout nouveau; j’aime particulièrement les chroniques de Yvan Saint-Jours, fondateur de la revue « La maison écologique ».
  7. Planète89
    Franchement pas utile. Le ton est sympathique mais je n’y ai jamais rien découvert.
  8. Le Journal de l’Environnement
    Payant. Sur Internet. Mais tout y est !
  9. Basta
    Nous reprenons souvent leurs articles sur eco-SAPIENS. Indépendant.
  10. Interdépendances
    Pointu parfois.
  11. La Revue durable
    Pour les théoriciens… mais pas que !

Il y en a d’autres bien sûr et nous attendons un beau media sur l’éco-consommation. Avec la disparition du journal « Le nouveau consommateur« , nous ne voyons pas d’association de consommateur s’emparer de la question, comme le fait par exemple ecoconso en Belgique.

Nous savons à quel point il est dur de vivre décemment du métier d’informer. Nous savons que le refus de la publicité est un luxe… mais un gage d’indépendance. Nous souhaitons donc longue vie à Reporterre qui déjà en 2009 s’intéressait à une drôle de SCOP

Addendum : Ironie du sort, aujourd’hui le monde publie un article « insipide » sur l’huile de palme en réchauffant un peu de RSPO. Toujours ces industriels qui s’engagent…

On sort le champagne et les petits fours… Prakti ?

Difficile de s’en rendre compte mais pour l’immense majorité des humains, cuisiner nécessite une logistique bien plus complexe que chez nous. Ici on tourne un bouton pour avoir le gaz ou l’électricité. Mais partout ailleurs, ce sont 3 milliards de personnes qui cuisinent au bois ou au charbon.

En général, ils utilisent des fours rudimentaires qui, en plus de ne pas être optimisés pour la combustion et gaspillent des ressources, sont dangereux pour la santé de ceux qui cuisinent.

L’étude Global Burden of Disease de l’Organisation Mondiale de la Santé estime que 10 000 morts par jour sont liés aux maladies respiratoires lors de la cuisson.

Ma route a croisé celle de Moushine, ingénieur maroco-américain qui a lâché un boulot plutôt confortable aux Etats-Unis pour se consacrer, dès 2008, à inventer un four idéal. Bizarrement, améliorer un objet aussi rudimentaire n’a jamais été la priorité des ingénieurs alors qu’il est manifeste que cela sauve des vies, améliore le confort des populations… et préservent des ressources comme le bois et le charbon.

Le mieux est de consulter l’argumentaire de Prakti, l’entreprise sociale qui conçoit, fabrique et distribue déjà ces fours dans plusieurs pays (Haïti, Soudan, Inde, Népal et bientôt Congo, Bangladesh) :

Dans les pays les plus pauvres, les maladies respiratoires sont la deuxième cause de mortalité, faisant 4 millions de morts chaque année dans le monde ! (lien en anglais)

De plus, l’achat de combustibles (bois et charbon) représente jusqu’à 40% des dépenses de ces ménages. Réduire l’importance de ce poste de dépense peut libérer un budget important, budget en général géré par les femmes et donc plus susceptible de bénéficier à la famille tout entière. (lien en anglais)

Finalement, la dépendance dans la forêt est d’autant plus importante que les foyers sont démunis : les familles consomment des produits de la forêt, qui abrite une biodiversité importante pour la survie ; elle protège de l’érosion et de la désertification ; elle est un réservoir de CO2, etc. Leur destruction contribue à un accroissement rapide de la pauvreté locale. (lien en français)

Personnellement, quand j’ai entendu parler de Prakti Design il y a un an, j’ai découvert ce que pouvait être le quotidien de millions de personnes et j’ai trouvé étrange que cette thématique soit aussi peu « récupérée » par le monde industriel.

L’humoriste Florence Foresti joue un célèbre sketch à propos des poussettes qu’on essaie de plier pendant des heures. Elle est persuadée que si ce n’était pas les femmes mais les hommes qui étaient les premiers utilisateurs de poussette, nul doute qu’ils auraient consacré la même inventivité que pour les voitures et que les poussettes seraient alors plus ergonomiques et pliables en un clic !

Ainsi, si nous aussi au Nord nous avions à cuire au bois ou au charbon à la maison, il est évident que nos fours seraient aussi modernes que certains barbecues de compétition !

D’ailleurs, pourquoi ne pas cuisiner avec des foyers Prakti aussi en Occident ? Quand on y réfléchit, le barbecue est une « tradition » estivale qui est plutôt aberrante : manger de la viande (pas très écolo et pas très sain) qui plus est semi-calcinée (vraiment pas sain du tout). Alors on pourrait, soyons fous, remplacer nos grilles à barbaque, par des fours Prakti pour cuire des chaudes plus saines dans des marmites.

Bref, encore une fois, c’est au Sud qu’il nous faut chercher l’avenir !

Prakti Design a lancé il y a quelques jours un crowdfunding (financement participatif) sur KissKissBankBank, une des principales plateformes françaises. Il faut absolument qu’ils atteignent leur objectif de 15 000 € dans les jours qui suivent. C’est pour de la recherche et développement afin de diminuer le coût de production des fours (rappelons qu’ils sont fabriqués en Inde). Passer de 60$ à 25$

A vos contributions ! (ou à vos questions !)

Pour soutenir Prakti Design

A propos de poussette, j’ai retrouvé ce billet qui parlait du marketing au service de bébé ! Des mannequins dénudés dans un catalogue papier glacé de poussettes avec pas un seul prix !