Baptiste RABOURDIN

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Catégorie : Itinéraire

Et si on noyait le dernier colibri avec la sueur du dernier pigeon

Fermer le robinet quand on se lave les dents, éteindre les veilles, ne pas laisser son chargeur branché pour rien… tous ces petits ecogestes divisent encore les partisans sincères de la transition écologique.

D’un côté les « rationalistes » qui remettent les chiffres à leur place et démontrent que ces ecogestes, même cumulés par millions ne pèsent rien face à certains ordres de grandeur. En rejetant la faute sur le consommateur, ils prétendent que c’est une diversion, une sournoise façon de ne pas accuser les véritables responsables : agriculture, énergie, …

Ils n’ont pas tort.

De l’autre les « colibristes » qui font le pari que la transformation du monde commence par la transformation de soi et que tout acte, aussi dérisoire soit-il, est une manière de se ré-approprier son destin à sa modeste échelle.

Ils n’ont pas tort.

Une fois cette dialectique posée, qui est en somme la même que celle opposant « petites structures cohérentes à 360 degrés » et « grosses multinationales qui fléchissent d’un degré tous les 5 ans« , tout Hegelien qui se respecte a envie de dépasser cette opposition avec une troisième voie.

En 10 ans, il me semble que cette opposition existe toujours. Mais ce qui est nouveau, c’est la lucidité partagée par chaque camp. Tout le monde a intégré qu’il n’est qu’un morceau de la solution. Si je ne croise plus beaucoup de partisan radical de la simplicité volontaire, je ne rencontre plus aucun responsable « développement durable » qui en fait des tonnes sur sa multinationale qui contribue à rendre le monde meilleur.

Chacun est bien conscient des limites de son rôle, de son ancrage dans la sphère politique et économique.

J’ai ressenti cela dernièrement en déjeunant avec les fondateurs de Lilo, ce moteur de recherche solidaire, plutôt « colibriste » et qui ne méritait pas mon ire démesurée ! Un échange constructif (et bien différent donc d’un entretien équivalent que j’avais eu avec Veosearch) avec Marc et Clément, les deux initiateurs de Lilo m’a rassuré sur ce point. Ils sont totalement conscients de certaines limites dans leur démarche et c’est pour cela qu’ils prennent les devants, notamment en se positionnant sur l’anonymat numérique (un enjeu que nous allons intégrer durablement avec les récentes élections américaines…)

Le point faible reste la dépendance à la publicité et à Google. Et de ce côté là, il n’y a pas à mon avis pas encore de réelle alternative autonome qui émerge.

Le petit rêve frenchtech se dessine pourtant. Pouvoir un jour surfer sur Internet avec un navigateur open-source et anonyme, à partir d’un moteur de recherche anonyme, performant et français et pourquoi pas flécher une part de la publicité (éthique ?) vers des projets sociaux grâce aux gouttes d’eau collectées par Lilo.

Des projets avancés comme la formidable boîte à outils »Degooglisons Internet » ainsi que le renouveau inattendu du moteur de recherche Qwant sont peut-être les premières étapes d’un tel dessein.

Mais revenons aux gouttes d’eau de Lilo et du colibri !

Quand j’ai écrit les premières lignes de ce billet, à propos de l’utilité des ecogestes, j’ai du m’interrompre pour vérifier certaines choses que j’avais lues à propos du gaspillage d’eau. Croyez-le ou non,ce qui pour moi n’était au départ qu’une simple vérification fact-checking nécessitant quelques minutes, s’est révélé être un vaste chantier qui m’a occupé deux jours durant…

Je m’apprêtais à rappeler que la consommation d’eau pour les particuliers était dérisoire par rapport aux fuites sur le réseau et par rapport à l’agriculture.

Voici ce que dit Wikipedia à la page Eau potable en France :

L’eau en France est consommée à 50 % par l’agriculture, 20 % par l’industrie alors que 30 % est réservée pour l’eau potable

Bingo ! C’est bien ce dont je me souvenais, ce sont les agriculteurs les coupables ! A asperger leur champ sous un cagnard rigolant à l’idée de toute cette eau qui s’évapore au lieu d’abreuver ces étendues de maïs amérindien qui a séduit le marais poitevin…

Bizarrement, j’ai voulu en savoir un peu plus, remonter aux sources. Je suis tombé sur un rapport du ministère du développement durable qui, à défaut de concision, avait le mérite de détailler tous les volumes d’eau que je voulais interroger !

Et là ca ne collait pas du tout. Mais alors pas du tout. Je me suis dit qu’une notion devait m’échapper. S’il faut bien distinguer les « prélèvements » des « consommations », dans aucun cas je ne retombais sur ces 50% consommés par l’agriculture.

Le pire, c’est que la « référence grand public » CIEAU continuait de distiller le doute.

L’agriculture française prélève chaque année 3 143 millions de m3d’eau, soit 9 % des prélèvements nationaux (48 % en part consommée).

Si le chiffre absolu de 3,1 milliards de m3 m’était familier à force d’éplucher les données disponibles, jamais il ne pouvait donner ces 48% ou 50% de part consommée. D’où venait l’erreur ?

Wikipedia puise ce chiffre dans un article du Figaro (sic), qui ne mentionne pas sa source mais que je devine être la même que CiEau, à savoir un rapport du Conseil d’Etat (580 pages si vous avez le courage, j’ai particulièrement trouvé goûtu l’infographie page 286…)

Rapport qui lui-même s’appuie sur ce document de l’IFEN.

Bref, la même erreur depuis 2006 !

En valeur absolue, tout est bon. Mais un problème de calculette et les pourcentages dérapent.

Sankey, le diagramme de la mort qui tue !

Le diagramme de Sankey mériterait d’être plus connu. Il s’agit d’une représentation graphique (comme un camembert, un histogramme…) qui permet de visualiser des flux. J’ai découvert ce type de diagramme grâce à l’association négaWatt qui en a établi des fameux dans le domaine de l’énergie.

Ce que je trouve magnifique avec ce genre de visualisation c’est que vous pouvez passer des heures à raconter telle ou telle histoire selon que vous empruntez tel ou tel chemin. Par exemple, sur ce diagramme de Sankey, vous pouvez imprimer d’un coup :

  1. notre dépendance au pétrole
  2. l’efficacité des centrales nucléaires… pour chauffer les oiseaux
  3. la diversité des énergies pour se chauffer

Ni une ni deux, je me suis mis en tête de faire un Sankey pour l’eau en France. J’aurais préféré en trouver une toute prête mais désormais échaudé, j’ai préféré retravailler avec les données que je considère sûres. J’ai quelques approximations.

Et donc mesdames et messieurs, c’est une première ! En tout cas pour moi… Le diagramme de Sankey pour l’eau prélevée et consommée en France !

 



 

Hormis sa laideur, ce diagramme de Sankey m’a appris plusieurs choses, et j’espère qu’il aura les mêmes vertus pour vous.

  1. C’est fou le prélèvement d’eau pour refroidir les centrales. Elles ne font pas que chauffer les oiseaux, elles chauffent aussi les poissons ! (sujet d’ailleurs assez méconnu, le réchauffement de 3°C du Rhin)
  2. C’est fou l’inefficacité du réseau d’eau potable. 1 goutte sur 5 n’arrive pas à destination à cause des fuites dans les tuyaux. C’est 1 milliard de m3, soit la même quantité que l’eau consommée dans le secteur tertiaire (hôpitaux, bureaux, écoles…)
  3. L’agriculture consomme donc moins que l’eau potable domestique (3 et 3,5 Gm3). Mais c’est vrai que le pic de consommation en été peut représenter plus en pourcentage. Le plus fou, c’est surtout le fait que 40% de l’irrigation concerne le maïs. Une plante qui sert principalement à nourrir les animaux.

On imagine que le but premier des infrastructures de l’eau est de nous fournir de l’eau potable. Mis bout à bout, comme une chaîne énergétique, on arrive à ce résultat fascinant.

Sur les 33 milliards de m3 prélevés chaque année, 4 millions seulement servent à épancher notre soif. Pour le dire simplement, pour une grande bouteille d’eau prélevée dans nos rivières et nos nappes phréatiques, il y a une goutte qui sera bue !

Du coup je ne sais plus quoi penser. J’ai bien envie d’accuser les agriculteurs, la vétusté du réseau, les gens qui lavent leur voiture, la chasse d’eau qui fuit,…

Mais tout ceci me semble dérisoire, le problème insurmontable. Je me rappelle ce sketch de Franck Lepage qui dit que s’il y a bien une chose qu’on ne fait pas avec l’eau potable, c’est la boire !

Il n’empêche, c’est l’heure de se laver les dents. Dans le doute, je vais couper le robinet.

Billet dédicacé à Sylvain L. et aux fans de www.sankey-diagrams.com

Moi Président, j’inverserai la courbe des dommages

« Ecrire, c’était mettre de l’ordre dans ses idées. » ai-je lu récemment sur un réseau social où régnait pourtant le chaos. Comme j’aimerais que ce genre de miracle se produise, par la simple puissance du Verbe. Mais rien n’est moins sûr. Car parmi mes idées en suspension, j’ai en ce moment des étymologies indo-européennes, des angoisses électorales, des archéologues de la quantification du monde et une correspondance épistolaire avec le dernier grand pingouin. Ardu !

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Passage sur France5 à propos du « label » Better Cotton Initiative

13393983_1103687169702856_2892282731516204969_nUn petit mot pour vous dire que j’ai eu le privilège d’être interviewé dans le documentaire Quand nos T-Shirts filent un mauvais coton diffusé sur France5. L’émission est en accès libre jusqu’au 24 Octobre.

Dans ce reportage réalisé par Camille Roperch et Alexia Sauvageon, je parle surtout de la misère du label Better Cotton Initiative. Un bidule créé par les grandes marques pour leur collection « éthique ». En regardant le documentaire, j’ai appris que les réalisatrices n’avaient d’ailleurs pas eu de réponse de la part d’H&M sur ce sujet. Certains silences en disent long.

Au delà des enjeux sur la culture du coton et du bashing, il y a aussi une petite note d’espoir sur des initiatives exemplaires.

France5 CotonJe profite aussi de ce blitz-post pour partager la nouvelle vidéo de DirtyBiology qui relie merveilleusement un thème qui nous est cher (combien vaut la Nature ?) et la psychologie, sujet récemment traité à propos de la neurosagesse.

En résumé, pour motiver le plus grand nombre à « protéger la nature », il existe deux mécanismes possibles : la voie émotionnelle (spirituelle, sensible, qu’il-est-mignon-ce-bébé-phoque) et la voie rationnelle (utilité écologique… mais surtout hélas économique puisqu c’est l’outil dominant nos sociétés…).

J’y ai appris que nos cerveaux sont hélas mieux câblés pour être sensible au sort d’un individu que d’une population. D’où la nécessité d’AlGoreiser allégoriser la Nature.

En un mot, pour faire de l’écologie efficace, il va falloir s’intéresser à la psychologie. Une révolution…

Le Cantique des Oiseaux (qui meurent) et La Langue des Oiseaux (qui disparaissent)

monkeyIl y a des invitations « petit déjeuner – conférence de presse » qu’on devrait refuser. Je ne sais comment mon email s’est retrouvé dans leur fichier mais j’ai accepté d’assister à une présentation presse sur l’état de santé de la biodiversité en Île-de-France. En clair, est que la faune et la flore de la région parisienne se porte bien. J’avais comme un pressentiment…

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Voyage au pays des arnaques

lego-arc-triompheA chaque fois que je reçois un spam je me demande toujours qui sont les personnes qui « se font avoir » et qui contribuent malgré eux à cette industrie de l’ombre, polluant nos vies… et nos serveurs.

Car c’est statistique. Si les spams, le phishing et autres entourloupes sont toujours présentes en 2015, c’est que les spameurs rentrent dans leur frais. Pour 10 000 envois, il suffit d’un gogo pour les convaincre de poursuivre leur funeste activité.

Coluche disait « quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas« . Eh bien sur Internet c’est la même chose : quand on pense qu’il suffirait de ne jamais cliquer pour que toutes nos boites mails soient plus légères.

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Nespresso, prison, décroissance. Une semaine parmi d’autres

6682_870c_500J’avais tout simplement envie de partager des réflexions liées à une semaine riche en rencontres.

Il s’agit de 3 contextes fort différents, les Champs-Elysées, la prison et un stand Alternatiba, qui m’ont perturbé pour différentes raisons et dans tout ce fatras, une leçon je cherche encore. Si vous l’avez je suis preneur.

Mercredi. Nespresso

Mercredi j’acceptais un déjeuner dans la boutique Nespresso des Champs-Elysées. J’ai déjà parlé de ma perplexité à propos de cette filiale de Nestlé, désormais engagée dans une communication sincère et factuelle sur sa contribution au recyclage et à l’agroforesterie.

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Le Saint Père, la Terre Mère, mes frères et ma sœur

religieuxL’affaire est entendue, ce nouveau pape François a tout pour ramener les brebis égarées du mercantilisme dans cette nouvelle foi radicalement solidaire, écologiste et décroissante.

Hormis évidemment les passages relevant de l’avortement, ce Laudato si a de quoi ravir tous les authentiques amoureux de la planète, tous les authentiques défenseurs de la solidarité. L’introduction est un hommage à Saint-François d’Assise, célèbre d’ailleurs pour son sermon aux oiseaux.

« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe » chante le Saint des pauvres dans son cantique des créatures.

C’est bucolique comme du Giono et on peine à se dire qu’il y a 7 ans, le précédent pape procédait à la bénédiction de centaines de Ferrari sur la place Saint-Pierre…

Si l’on assimile le Vatican à une multinationale vieille de 2 000 ans, c’est comme si Nestlé avait nommé José Bové remplaçant de l’actuel directeur Brabeck. (si vous ne connaissez pas Brabeck, on vous le présente notamment dans notre précédent article sur la rencontre du troisième type chez Nespresso).

Tout y est ! Les blessures de la Nature, les inégalités et les souffrances de l’Homme. La foi déraisonnable en la technologie. L’effet rebond !
Si ce n’est déjà fait, prenez 20 minutes pour lire ce texte qu’on jurerait écrit par un chroniqueur du journal La Décroissance !

Je ne sais pas vous, mais ce concept de Terre-Soeur m’a étonné sur le coup. Pourquoi pas la Terre-Mère ?
Et j’ai réfléchi. Et j’ai trouvé que la Terre-Soeur c’était une chouette idée. Ils ont un bon service marketing au Vatican !

Le religieux et l’écologie

arbre-portaitCe doit être la deuxième fois que je parle de religion sur ce blog. La première fois c’était pour parler de Thoreau et du Mont Athos, cette péninsule orthodoxe interdite aux femmes. A la manière de Huysmans, j’avoue être quelqu’un qui s’écarte de la religion tout en l’épiant. C’est à dire que je n’ai naturellement rien contre les gens pieux. Je n’en suis pas mais les textes religieux me fascinent.

Et en les lisant, je considère tout à fait compatible écologie et religion (voyez Illich et Ellul). Par contre, je suis toujours sidéré par la dissonance cognitive présente chez des gens très croyants. On ne doit pas lire avec le même œil.

Je crois assez bien connaître les textes chrétiens et me suis intéressé un moment à ce que l’on appelle les Pères de l’Eglise. Je dois d’ailleurs faire une confession, toute augustinienne ! Pendant des années, j’ai aspiré à écrire un ouvrage sur les similitudes entre le mouvement des chrétiens primitifs et le mouvement écologiste. Ma paresse a eu raison de cela et cela fait une référence de moins pour Amazon !

Mais voici ce que j’aurais écrit là-dedans. Un exemple qui j’espère sera parlant:  la querelle du Filioque.

Pour les impies qui n’ont pas été voir sur Wikipedia, il s’agit d’une dispute syntaxique qui, excusez du peu, a séparé l’Europe en deux. A ma gauche l’Europe catholique d’Occident qui considère que le père procède du père et du fils. A ma droite l’Europe orthodoxe d’Orient qui pense plutôt que le père procède du père par le fils. Je simplifie à peine.

En 2015, faut-il préciser que cette petite mise au point à propos de la Sainte Trinité ne suscite guère plus d’altercations ? De nos jours on peine à comprendre rétrospectivement l’imposante et docte littérature pour traiter de ce sujet.

Et bien en 2015, tenez-vous bien, il y a aussi les écologistes d’Orient et d’Occident. Appelons écologistes d’Orient ceux qui pensent  qu’on résoudra le problème planétaire avec les citoyens. Et écologistes d’Occident ceux qui pense qu’on le résoudra avec les citoyens… et les multinationales. Et voilà la querelle du Monsantoque.

Ne rigolez pas, ce point de détail vous permet de brouiller définitivement deux personnes qui ont 99% d’idées communes concernant la nature, le climat, l’énergie etc… Et c’est d’une actualité brûlante. Voyez qui se posent en sauveurs de la COP 21 !

La religion de l’écologie

zen-footLes détracteurs de l’écologie se pensent souvent très malins en opposant écologie et vérité scientifique.

  • Les énergies renouvelables ? Pas rationnel.
  • Le changement climatique ? Pas prouvé.
  • L’épuisement des ressources ? L’homme a toujours trouvé des solutions. C’est empirique.

La revue La Décroissance n’hésite pas à parler des Pères de la Décroissance, faisant clairement référence aux Pères de l’Eglise.

Le problème que nous rencontrons est avant tout sémantique. Il faudrait définir clairement ce qu’est une religion, une sagesse, une spiritualité, une doctrine, une foi, une espérance, une réflexion, une intuition… et une science.

Et comment nous classerions pêle-mêle le keynésianisme, le transhumanisme, le marxisme, le libéralisme, le végétarisme, le yoga, et aussi donc l’écologie ?

Pictures in the News: Vevey, SwitzerlandDans mon cas pas de doute, je suis prêt à reconnaître une part d’irrationnel dans le projet éco-humaniste. La perspective apocalyptique (« on va tous mourir si on ne se repent pas en prenant le vélo !« ) a des airs de Saint-Jean et surtout l’idée « colibriste » où chacun fait sa part, espérant ainsi mériter son salut et se voir ouvrir la clé du paradis, pourrait faire penser à la foi du charbonnier.

Sauf que…

Sauf que contrairement aux messages messianiques, les signaux environnementaux et sociaux sont étudiés, connus, analysés et n’ont plus rien à voir avec les apparitions de Lourdes…

  • Le creusement des inégalités n’a jamais débouché sur des périodes glorieuses…
  • L’accès restreint aux ressources stratégiques n’a jamais pacifié les peuples…
  • Des variations de quelques degrés ont bouleversé la faune et pour la flore. Tout le monde ne s’est pas adapté…

La seule chose que partagent religion et écologie c’est cette idée un peu bête mais indispensable. C’est que nous sommes tous frères… mais que nous sommes tous sœurs désormais.

 

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La nature reprenant ses droits à peine quelques années après l’abandon d’un village

 

Mais pourquoi on ne parle pas plus de ce billet ?

ClementSalon2Mardi 10 Mars. Calme plat au bureau. Dehors la tempête sociale et environnementale.

Par ce jour d’hiver aux allures de printemps, je me décide à aller déjeuner pas très loin, visiter l’usine France-Craft en Essonne.

J’avais rencontré son fondateur Marc Chevreau quelques mois auparavant où il présentait sa voiture électrique, la F-City, qui a la particularité d’être une vraie alternative crédible dans le paysage nébuleux des voitures électriques. Elles ont des plaques d’immatriculation, vont jusqu’à 90 km/h, ont une autonomie de 100km. Lors de cette rencontre, son collègue avait du me ramener chez moi et c’est un peu par hasard que je suis monté pour la première fois dans une voiture électrique.

Moi qui ne suis pas très branché bagnole (je me permets de faire un renvoi vers cet autre billet « Comment j’ai visité une usine Renault » où j’étais le seul blogueur invité à être dubitatif sur la capacité des grands constructeurs à devenir écolo…)  et qui suis particulièrement méfiant des miroirs aux alouettes, je dois le confesser : la voiture électrique F-City est un petit miracle pas très ébruité !

Il y a beaucoup de choses à dire sur la voiture électrique et je ne suis pas expert. Comme beaucoup de monde, je recueille l’écume médiatique. A savoir dans les grandes lignes…

  • La Blue Car de Bolloré : un scandale de lithium de la part d’un groupe qui accapare les terres là-bas et attaque la presse ici !
  • La Zoé de Renault qui y va… si lentement si lentement….
  • La Tesla : trop chère et trop frimeuse
  • La Heuliez : le « canard boiteux » que Ségolène Royal a tenté de sauver tant de fois…

Le truc vraiment chouette avec la F-City c’est qu’elle est « en kit ». Il est possible, en forçant le trait, de monter une mini-usine chez soi pour les assembler ! Une voiture légère, fonctionnelle, open-source, électrique !

Alors j’ai demandé à Marc : « Comment cela se fait-il que l’on ne parle pas plus de la F-City ? »

Manque de communication ? Volonté d’y aller progressivement ? Omerta des médias qui sentent que cela peut froisser leurs annonceurs…? (Je rappelle que Bolloré c’est aussi Direct Matin et des participations dans plusieurs medias, que Renault est le premier annonceur pub en France). Il égraine les explications avec bonne humeur…

Les pouces en l'air ! Sans le savoir, je suis fier d'avoir aussi un Jean 1083 très Tour de France aussi !
Les pouces en l’air !
Sans le savoir, je suis fier d’avoir aussi un Jean 1083 très Tour de France aussi !

Et puis son téléphone sonne. C’était Clément Leroy qui cherchait un endroit où dormir le soir.

Clément Leroy ? Mon idole du moment ! Je l’ai interviewé sur ce blog le mois dernier !

Depuis 3 mois, Clément sillonne la France en demandant chaque nuit l’hospitalité dans des bleds aux noms sympathiques. Que ce soit à Chatte, à Montcuq, à Orgies, à Longcochon ou à Y, il arrive avec sa bonne humeur, son saucissons et surtout son spectacle de « vélo sur place » dont il détient le record !

C’est frais, convivial, décalé et surtout c’est une vraie réflexion sur le voyage. Il a un vélo qui est parmi les plus rapides du monde, un magnifique vélo sans frein… avec lequel il détient le record de sur-place.

La semaine dernière, il a donné une conférence TedX (la vidéo est ici, à 5h51) où il explique que « voyager c’est d’abord parler avec son voisin » ce qui pourrait être la définition de via-sapiens…

En ces temps troubles où nos politiques et nos médias agitent les éternels chiffons de la méfiance de tous contre tous, la pérégrination de Clément vient comme un bol d’air.

Nec plus ultra, en plus de promouvoir l’esprit potache, les rencontres authentiques, le voyage sur-place, et même la marche arrière, Clément a des sponsors géniaux. Il y a les boissons anti-énergisantes Obo (petit clin d’oeil à RedBull) et donc aussi France Craft puisque Clément a fait ton son voyage en France dans une F-City.

« Aucune panne, zéro euros le plein, ça m’a soulagé le budget et sauvé la vie ! » me confie-t-il.

Ah oui parce que je vous ai pas dit, Clément est venu dormir à la maison. Il était tard alors on s’est épargné le rituel du spectacle sur la table de mon salon… mais on a discuté et pris quelques photos 😉

ClementSalon1J’en ai profité pour lui expliquer les labels de l’éco-consommation (ah ah Clément toi aussi tu croyais que ca voulait dire « recyclé ») et je lui ai offert un manifeste négaWatt comme çà, lui qui fait de l’écologie sans le savoir, il pourra parler grands enjeux énergétiques maintenant !

Alors j’ai demandé à Clément : Comment cela se fait-il que l’on ne parle pas plus ton tour de France ?Peut-être que parler de bonne humeur, de convivialité, de joie de vivre… ca n’intéresse pas trop les médias. Il y a certes eu 20Minutes (concurrent de Direct Matin…) mais ça mérite bien un petit Pernaud, un petit Drucker ou un petit Barthès non ?

Ils peuvent toujours l’inviter, moi ça m’est égal, c’est dans mon salon qu’on s’est rencontré !

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Co-branding… le vélo des eco-SAPIENS « Le Cycle éthique » un peu à plat.
Derrière la F-City où rentre le vélo de Clément au millimètre !

J’en ai marre des moteurs de recherche solidaire !

Droit de réponse :
Suite à ce billet, j’ai pu rencontrer Clément et Marc de Lilo. Autour de breuvages, nous avons pu parler librement de mon billet.
Il me semble important d’apporter les précisions suivantes qui dénotent d’un réel souci d’amélioration de cette initiative qui reste tout de même mieux que rien :
– Lilo n’utilise pas que l’algorithme de Google, une option permet d’ailleurs de s’en passer
– Lilo est engagé sur le terrain de la vie privée (respect directive CNIL anti-cookie et algorithme anti tracking publicitaire)
– Lilo a financé plus de 60 projets sociaux ou environnementaux qui agissent concrètement en France, et a presque reversé 190 000€

Je vous invite à lire leur droit de réponse sur leur blog.

 

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« Changez le monde sans changer la planète ».
Si si !

Faut croire qu’on ne se refait pas… Certains lecteurs aiment bien quand je cogne, quand je fais le chevalier blanc, le chercheur de petites bêtes. Moi ca me gêne parce que je sais que  l’exercice du bashing peut-être blessant.
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Tuer Amazon, un hobby comme les autres…

librairie-visageIl est de bon ton de taper sur Amazon, comme s’il s’agissait du mal suprême. Récemment, j’ai découvert une extension nommée Amazon Killer. Comme je travaille, dans un secret relatif, sur quelque chose de similaire,  je l’ai testée et je me permets une analyse à chaud… quitte à défendre Amazon !

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