Baptiste RABOURDIN

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Étiquette : politique

Du Luxembourg au Bangladesh – des solutions aux problèmes

Vous avez raté la journée de la Terre et la semaine du développement durable ?

Il est encore temps de vous rattraper avec la quinzaine du commerce équitable qui officiellement commence le 4 Mai mais a été inaugurée politiquement ce 29 avril. En effet, hier au Sénat, deux ministres étaient présents pour annoncer le plan de soutien au commerce équitable.

Il y avait Pascal Canfin, ministre chargé du Développement, qui a annoncé l’objectif (tripler la consommation équitable) et les moyens (7 millions d’euros). Si le commerce équitable est désormais bien connu du grand public, celui-ci le boude encore concrètement au moment de l’achat. 6,40 € par personne et par an… c’est sûr que l’on ne peut que progresser.

En tant qu’observateur depuis belle lurette de la conso responsable, nous nous sommes souvent posés la question à eco-SAPIENS : pourquoi l’équitable ne décolle pas là où la bio a explosé.

Il est possible que la crise (ah ! la crise…) ait provoqué une sorte de repli sur soi, transvasant les préoccupations équitables vers du « made in France » . D’ailleurs, la bio étant encore en grande partie associée à la santé et au bien-être, il est probable que son succès confirmé malgré la morosité économique soit aussi le reflet de préoccupations nombrilistes. Voire.

En tout cas, le commerce équitable n’est pas mort. En France, il doit tout de même son salut à l’engagement des collectivités locales (réunies au sein de l’initiative territoires-ce) et à des appels d’offre comme par exemple celui lancé pour les uniformes de la gendarmerie.

Bref, contrairement à un Pascal Canfin exemplaire, « jadis bénévole chez Artisans du Monde, actionnaire fondateur d’Alter Eco et acheteur régulier chez Alter Mundi » , le Français n’a pas le réflexe équitable dans son portefeuille.

Pourtant, l’actualité récente devrait le convaincre que ses achats ont un pouvoir. Savoir que les fringues que l’on porte (Mango, C&A, Tex de Carrefour, Benetton…) ont été fabriquées dans des conditions tellement déplorables que l’on en arrive au drame de 400 morts et 800 disparus, n’ébranle peut-être que les dernières chèvres sentimentales comme moi.

A titre anecdotique, quand j’ai appris la nouvelle le 26 avril, je suis allé en mon nom interpeller Mango sur sa page Facebook. Ca ne coûte pas grand chose mais je suis sûr que si une poignée d’entre  nous n’avaient rien fait, la firme n’aurait rien dit.

Des immeubles comme le Rana, il y en a plein chaque année et il a juste fallu cette fois-ci qu’il y ait vraiment beaucoup de morts pour que, timidement, on en parle. Et encore… je retiens arretsurimages et Rue89 et tardivement Le Monde (qui a supprimé ses pages Planète qui de toute façon confondait Planète et Météo…)

On aurait pu croire que cette actualité sordide était un pont d’or pour introduire la quinzaine du commerce équitable. En effet, à tout problème il faut une dénonciation et une proposition. Le commerce équitable est bien une solution concrète pour remédier en partie au problème des vêtements low-cost. Insistons au passage pour rappeler que les fringues fabriquées à bas-coût ne sont même pas particulièrement bon marché… Or le commerce équitable, en plus d’inclure la santé et la dignité des travailleurs, veille aussi à la répartition des richesses.

Mais bizarrement, pas de communiqué de presse à ce sujet de la part des organisateurs de la quinzaine du commerce équitable. C’est la nouvelle ligne associative voyez-vous. On ne parle plus de « pourquoi » mais seulement du comment. On ne fait plus de critique ou de dénonciation. On propose et on engage des partenariats pour mettre en place des processus d’amélioration continue avec les parties prenantes etc. C’est sûr que tempêter, c’est être suspecté d’être un éternel râleur et qu’il faut dépoussiérer l’image du militantisme.

Parlez-en aux activistes de Notre-Dame-des-Landes. Pourquoi diable ils n’essaient pas d’engager un dialogue constructif avec Vinci ?

A ses débuts, le commerce équitable était, disons, « misérabiliste » . Né dans l’esprit de la charité chrétienne, il a voulu se défaire de cette image avec le fameux slogan « Trade, not Aid » .  Aux tables rondes d’hier, j’ai senti que le nouveau mot-clé était « développement » . Le commerce équitable est désormais un outil qui intéresse le ministère des Affaires étrangères et l’Agence Française du Développement, invités pour l’occasion.

Pourquoi pas. A condition de savoir de quel développement l’on parle. Autre débat.

Personnellement, je me demande souvent pourquoi l’on cherche tant à trouver des vertus « occidentalisantes » au commerce équitable (en gros les voir sous l’angle des relations commerciales ou du développement donc). A mes yeux, le commerce équitable n’est qu’un marque de respect à un vendeur. Bref, on devrait commercer avec un citoyen du Sud comme avec son voisin de pallier.

Ne boudons pas notre plaisir. Le commerce équitable progresse lentement mais sûrement, se dote d’une communication de plus en plus décontractée, d’un festival nommé FairPride et de reconnaissance par le politique. Ce n’est pas rien.

Mais je m’interroge : qui va se charger du plaidoyer pour qu’il n’y ait plus jamais de fashion victims au Bangladesh ?

 

1000 vaches, et 1 choix de société

Alors que, comme nous l’apprend le journaliste Fabrice Nicolino, les dernières péripéties chevalines de la bouf-findus-trielle ne constituent qu’un avant goût du scandale alimentaire qui s’annonce, un entrepreneur du BTP voudrait faire construire en baie de Somme une usine à vache.

Objectif : 1000 vaches et 750 veaux, et un méthaniseur (boîte à caca) de taille industrielle pour accompagner tout ça. Malheureusement, des riverains passéistes et rigides ont formé une association pour s’opposer au projet : NOVISSEN (NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement).

Il y a tout juste un an, on en était là :

De merveilleux Picards se mobilisent donc pour l’interdiction du projet. Le préfet, lui n’en a cure, et a récemment donné son aval au projet, mais en réduisant le cheptel de moitié du fait du manque de surface d’épandage. Les porteurs de projet, qui maintenaient auparavant que « réduit » à 500 vaches le projet n’était plus rentable, se rétractent et consentent désormais à « démarrer » l’exploitation avec ces quelques centaines de bêtes, pour une montée en puissance progressive…

Un fabuleux projet qui met en danger la santé, l’environnement, la sécurité des riverains, tout en faisant fi de la condition animale, nous en manquions justement.


Envie d’agir ? Ça tombe bien : une pétition circule, et pour vous dégourdir les jambes, une manifestation aura lieu en marge du salon de l’agriculture, ce dimanche 3 mars à Paris (météo ensoleillée prévue !).

Manifestation qui tombe à pic en voyant l’ouverture de plusieurs portails gouvernementaux consacrés à l’agro-écologie.

 

Mais au fait… …Milles vaches ?

Vous vous souvenez ? C’est aussi un plateau : le plateau de Millevaches, qui s’étend pour sa majeure partie sur le département de la Corrèze ; tout un symbole. Sur ce plateau là, foin des usines à vaches, mais des coopératives à foison.

Alors pour dimanche, passons-nous le meuh !

Dans l’arrière-cuisine des fonds de pension

Il paraît que deux choses seulement gouvernent le monde : l’argent et l’amour.

L’amour c’est beau et cela inspire aux hommes et aux femmes de nobles sentiments, et même des odes, des aubades, des sérénades, des romans poignants et des films à budget titaniquesque.

Alors que l’argent est sale, qu’il inspire aux hommes et aux femmes des réflexes reptiliens flattant leur égo, leur soif de pouvoir et stimule leur rivalité.

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Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats » ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.
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Les coopératives parlent aux Français

BonsaiUn porte-parole socialiste qui prend deux parts dans une société coopérative (SCOP) en cours de création… Quoi de plus normal en fin de compte ? Si le socialisme consiste en l’émancipation des travailleurs, on voit que chacun est dans son rôle :

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Hausser le ton

manchots observateursL’automne arrive.

Et c’est comme si personne ne s’intéressait aux derniers mois qui cloront 2011. C’est bien simple ! Octobre, Novembre et Décembre 2011 n’existent que virtuellement.

Tout le monde a hâte de passer à 2012. Car tout le monde se dit que l’on pourra remettre les compteurs à zéro.
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Qu’est-ce que l’écologie ? Qu’est-ce que la politique ? Qui est Hulot ?

Comme à son habitude, eco-SAPIENS ne parle pas de politique. Tout du moins de parti politique.

Alors, à l’heure où tous les medias ont décidé de consacrer leur une à la candidature aux primaires pour la présidentielle de Nicolas Hulot, j’ai en tête les premières phrases de Bruno Latour. Dans « Politique de la Nature » , il entame ainsi:
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Zadig et Voltaire ? Références dépassées !

Que n’accable-t-on pas ce cher porte-parole du gouvernement !

Si le monsieur avait baigné dans un autre milieu, peut-être aurait-il eu une culture plus honorable !

Exercice de style où l’on imaginerait un homme politique qui aurait eu d’autres références vestimentaires…
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Prévisions sur ce qui va se passer sur le gaz de schiste

C’est le nouveau combat.

Oui je sais, sur bien d’autres fronts, les tranchées sont encore ouvertes : OGM, nucléaire, pesticides, huile de palme, poissons, etc… Sans compter toutes les batailles locales : l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le loup dans les Alpes, l’ours dans les Pyrénées, l’incinérateur de Fos, l’EPR et le centre d’enfouissage, le projet ITER…
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Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent » et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.
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