Baptiste RABOURDIN

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Catégorie : Itinéraire

Un païen au pays qui est un peu le sien

« Je suis restée 12 jours dans le coma.


Quand les medecins ont annoncé à mon fils qu’ils allaient me débrancher, il a demandé un jour de délai afin de pouvoir faire l’aller-retour à l’étranger récupérer ma fille afin qu’elle me voit une dernière fois.


Tandis qu’ils arrivaient en avion, je me suis réveillée du coma. Je n’ai pas vu de lumière blanche au bout du tunnel durant cet épisode. Par contre je revois mes aïeux, plus exactement ma tante trisomique et mon grand père. Celui-ci me fait un signe de main, paume face à moi, l’air de dire : ne viens pas, ce n’est pas ton tour« .

Il est 14h, dans la cuisine-salle-à-manger-salle de réunion et je viens d’écouter Nadège qui, peut-être par pudeur naturelle, n’a même pas saupoudré son récit de grandiloquence. Elle s’est contentée de relater des faits, comme une journaliste d’elle-même. Pour être plus exact, elle a raconté son fait divers juste après celui de Mathilde.

Mathilde a 25 ans et souffre de la maladie de Crohn depuis qu’elle en a 11. Mais ne fut diagnostiquée qu’à ses 15 ans. Ce diagnostic est en fait un compte à rebours. La blouse blanche vous informe : il vous reste une décennie à vivre mademoiselle.

Et donc, à 13h58 Mathilde nous explique que si elle ne reprend pas du gâteau à la coco, ce n’est pas tellement qu’elle fait un régime, c’est parce que… en fait… bon si, elle fait un régime mais pas par coquetterie ou conviction, c’est que elle vient de réussir à débrancher la bombe à retardement reliée à sa chair… en appliquant un régime très contraignant pour se donner toutes les chances de déjouer les prognostics médicaux.

Il y a six mois, Mathilde a joué un bon tour à la folie.

Blouse blanche n°2 : « Plus aucune lésion, c’est un miracle ! »

Non le mot miracle n’a pas été prononcé. Incroyable ? Extraordinaire ? Incompréhensible ? Ou juste « bonne nouvelle ». Peut-il y avoir des miracles In Real Medical life ?

En tout cas à 14h02, toutes mes collègues (car oui je suis le seul mâle de la tablée) parlent de la foi. La foi qui permet tant de choses. La foi qui permet les miracles. La foi qui s’est bien gardée de sonner à ma porte sauf jadis et durant 24h au Mont Athos

Et à 14h03 je suis bien en peine de trouver des arguments qui permettraient de nuancer le caractère exceptionnel de ce que je viens d’entendre. Car oui je suis le seul païen de cette ecclesia qui finit de débarasser et s’apprête à reprende le taf.

Mais d’ailleurs… qu’est-ce que je fais là ? Je suis en mission. Ca c’est un terme professionnel, une sorte de couverture qui me permet de dire un peu partout que je ne suis pas si oisif que le statut « sans emploi » laisse entendre. Au milieu de ces femmes, toutes fortuitement croyantes (certaines sont plus silencieuses mais le pendentif sacré autour du cou donne quand même un sacrée indice) je suis presque un anti-missionnaire.

Je suis d’ailleurs venu pour une mission très terre-à-terre. Analyser les comptes, décortiquer les process, suggérer des axes d’amélioration et trouver des quick wins. Pour le dire moins glamour, je suis une sorte de consultant en contrôle de gestion. Et mon hôte est une petite entreprise de banlieue qui oeuvre dans le service à la personne.

C’est Christelle, la dirigeante, qui m’a embarqué dans cette aventure. De toute façon ma vie professionnelle est jalonnée par des épisodes « yes man ». Il y a 20 ans, mon camarade de promo Benjamin me dit « Eh ? on créé une boite ensemble ? ». Banco. Et 10 ans de folle aventure dans l’éco-consommation et les coopératives. Pas une engueulade.

Il y a 10 ans, c’est Arnaud que je connais finalement assez peu. La deuxième fois que l’on s’est vu, lors d’un rendez-vous pro, il a accompagné mon fils de 3 ans pour l’aider à faire pipi. Avec du recul je me demande pourquoi j’ai emmené mon marmot à un rendez-vous pro. Et pourquoi j’ai eu sitôt confiance en cet inconnu pour qu’il se permette une telle familiarité. On a transformé une association en société coopérative et partagé la présidence et passé de belle soirées durant des années.

Il y a 4 ans, c’est Céline qui m’appelle pour me demander en désespoir de cause si je connais dans mon réseau un analyste financier car « chez France Active on galère à en trouver ». Elle est directrice et on s’est vu quelques fois. Mais moins que l’ex-ex-ex analyste financier, celui qui m’avait accompagné sur la coopérative. Moi je suis pas très finaud. Je lui dis « ah bah non je connais pas de financier, parce que j’y connais rien à la finance, mais c’est dommage car franchement c’est un super boulot, utile et varié »

« Ah bah… ca te dirait pas ? »

« Bah disons que j’ai mon boulot, que je cherche pas. Mais c’est vrai que depuis quelques mois, je suis un peu seul avec moi-même… »

« On la tente » que l’on s’est dit. Et cette tentation-tentative a été prolixe des années.

Et donc là Christelle, dirigeante qui ne compte pas ses heures, qui porte son entreprise comme le Christ la Croix, elle me réveille en pleine oisiveté pour me proposer un travail que je tâtonne à définir.

Consultant ? Bof. ça fait vraiment le type en costard qui donne le service minimum.

Coach ? Sérieusement…

DAF partagé ? Mouais. Le titre est pompeux mais le petit adjectif « partagé » donne un peu plus de saveur sociale et solidaire… pour masquer le fait que j’ai besoin en réalité de me répartir dans plusieurs trucs à la fois par simple peur de m’ennuyer si un seul os à ronger !

Castor ? Une référence au film The Big Short (sur la crise des subprimes, avec Brad Pitt, Ryan Gosling etc.) qui rappelle qu’il y a ceux qui consolident pendant que les « requins » de la finance sont à la chasse. J’aime bien mais je sens bien que ça fait pas sérieux dans l’univers du consulting/DAF/coach…

Alors voilà donc que je navige à vue. Je tente de mobiliser toutes mes connaissances éparpillées (blogueur, influence, développeur, communicant, financier, architecte, amapien, entrepreneur du spectacle, avocat, juriste, assureur, recruteur, aménageur, candidat politique, bodygard, graphiste, vidéaste, musicien, …) pour faire comme McGyver : avec deux trombones et trois idées dénouer une situation !

Je repense surtout à ces dizaines d’heures d’interviews de François Begaudeau, l’écrvain intellectuel anarchiste, qui m’aura bien accompagné pour justement prendre un peu de recul social sur ce que je fais. Dénouer une situation, c’est complètement son vocabulaire sociologique, d’ailleurs. A force d’avoir le nez sur le guidon entrepreneurial, j’ai presque oublié que je touche une facette de la réalité française qui m’était encore jusque là inconnue.

A savoir le monde des aidants (Christelle dit « les aimants ») et toutes ces petites vieilles, ces petits vieux, ces petits malades, « en perte d’autonomie » comme on dit.

Autonomie est un mot que je ne reliais jusque là qu’au monde écolo et anarchiste. Vivre en autonomie, voilà un beau projet d’émancipation. Et comment on fait quand on on est en perte d’autonomie ?

Pas le choix, jusque là on est bien obligé de croire au principal miracle : la nature de l’entraide.

Retour de corrida – le minot face au minotaure

Un an que je n’ai pas écrit.

C’est un luxe de pouvoir publier sans se soucier d’être lu. Et je ne cultive même pas la rareté. La paresse m’a vaincu d’abord. Et l’époque où j’animais ce blog correspondait tout de même à une nécessité d’être vu pour des raisons mercantiles indirectes. Je crois en effet pouvoir me souvenir de cette journée où, nous fondateurs d’eco-sapiens, avions décrété que nous devions faire comme toutes les entreprises et avoir un blog. Petit à petit c’est devenu ma zone.

Le village est aujourd’hui déserté. J’ai déversé beaucoup d’états d’âme. Je me suis adonné au bashing (Tiens… Jancovici est devenu vraiment connu malgré ses bourdes récurrentes…, Tiens Aberkane est devenu un être tout aussi complexe qui suscite encore en moi à la fois admiration et déception…) et je me suis parfois empêtré dans des billets sans queue ni tête.

Suzanne Husky - La Nobe Pastorale

Un de mes vieux amis aux prises avec la rédaction de son premier roman me confiait la difficulté à trouver une méthode. Le format blog était fait pour moi dans la mesure où je ne fais que butiner et restituer à la va-vite quelques idées chipées au détour de tel écrit ou vidéo. Le premier billet de ce blog a été écrit il y a 18 ans. J’avais 24 ans et le culot de donner mon avis sur la sphère écolo et sur des penseurs grandioses que je pensais avoir compris.

Mais bizarrement il n’y a pas grand chose qui me sépare de ce moi-écrit-vain de jadis. L’aventure eco-sapiens a été de loin la meilleure école d’apprentissage : le code informatique, l’entrepreneuriat, les copains entrepreneurs (quel luxe d’avoir eu de vrais amis parmi nos clients), l’évenementiel, les passages radio et télé… et donc cette obligation à suivre l’actualité ecologique (documentaires, films, cop 15 cop 16 cop 17…)

Mais quel rapport avec la corrida ?

Mais voilà que je me perds déjà dans le fil de mes pensées… Il est parfois savoureux de parler du passé et assurément nombriliste de parler de son passé; la nostalgie est un labyrinthe et mieux vaut vite aller regarder l’avenir car c’est là que se trouvent encore les étonnements.

Voilà donc que j’accepte la proposition d’un ami (un autre écolo entrepreneur…) d’aller faire une feria à Nîmes. L’idée d’aller dans une ville inconnue était déjà séduisante et j’apprends donc qu’il a réservé des places pour la corrida qui a lieu le samedi dans les belles arènes romaines.

En tant qu’écologiste (faut-il rappeler que je parle de pensée écologiste et pas de parti écologiste ?) j’avais déjà vaguement réfléchi à cette question et l’image que j’ai de la corrida est tout de même passable. Tuer un animal pour le spectacle me semble d’un autre âge.

Je prends cela au sérieux et file dans l’après midi à une conférence sur la culture taurine pour avoir au moins un corpus pratique et théorique sur la tauromachie. J’y apprends des choses assez intéressantes par exemple sur l’évolution des « règles » au cour des dernières décennies. Par exemple le fait que les chevaux sont désormais protégés par des caparaçon en kevlar alors qu’il y a peu, les chevaux des picadors étaient régulièrement encornés à mort par le taureau…

La corrida à laquelle j’assiste implique 6 taureaux qui subiront tous l’estocade, le coup de grâce. Il s’agit de bêtes élevées spécialement pour la corrida. Le conférencier expliquait tout à l’heure que ces élevages comprenaient des milliers de têtes car il faut aussurer la reproduction, les remplaçants et tout simplement pouvoir choisir parmi différents lots.

Je vais être franc : si j’ai frémi les premières minutes pour le torero à chaque frôlement de cornes, réalisant que le type risquait réellement sa vie devant moi… le pantelement du taureau et son dernier souffle m’ont peiné mais n’a pas été insupportable. Aucun bruit, à peine quelques gouttes de sang, une certaine dignité de l’animal qui bascule sur le flanc. Presque sobre et élégant. Réglo.

J’espère sincèrement que cette mise à mort disparaîtra… mais on y reviendra.

Non humains et nhamis*

Voilà que le troisème taureau est moins combattif. Ils ont beau agiter leur muleta et l’interpeller, le bovidé se désinteresse du combat. Voici alors un phénomène étrange : tout la foule commence à siffler. Je pense alors qu’ils sifflent le torero qui ne parvient pas à mobiliser l’animal. Mais je finis vite par comprendre grâce à un viel habitué (« Peuchère c’est ma 25ème corrida ! ») que c’est bel et bien le taureau qui est sifflé.

….. Thoreau ! obligé de faire la blague.

Celui-ci est rapatrié (sauvé ?) et remplacé par un autre qui s’appelle Titanic (sic !). Je demande à mon voisin si on peut vraiment en vouloir à un animal de ne pas « jouer le jeu ». Et je comprends que la plupart des gens ne font pas semblant. Ils considèrent vraiment que le taureau est une personne et que là franchement elle a exagéré, non mais quand même il peut pas arriver dans l’arène et ne rien faire, etc…)

Aussi me suis-je senti bête. Moi l’écologiste fasciné par le monde vivant, qui dévore les revues naturalistes théorise sur la grande famille du vivant, sur l’hypothèse Gaïa et sur la petite place de l’Homme dans ce grand tout ecosystémique, bim ! je suis même pas capable de voir le taureau comme une vraie personne !

Il est amusant que le penseur Bruno Latour qui a popularisé le concept de « non-humains » afin de constituer un parlement des choses n’a à ma connaissance jamais écrit sur la corrida. Bon en vrai j’en profite pour régler quelques comptes. Je n’ai jamais compris la contribution de Latour à l’écologie politique. Un propos abscons, des tonnes de lignes pour parler bien sûr de la catastrophe écologique avec l’exploit de ne jamais écrire nulle part le mot capitalisme… si bien que je l’ai toujours surnommé Bruno Autour

Voilà que j’insulte les morts… Revenons plutôt au Minotaure.

J’ai quitté Nîmes avec dans ma poche la brochure de la maison des cultures taurines. Une trentaine de pages m’ont permis de réaliser que la tauromachie est un art plurimillénaire, décrit dans de nombreuses cultures, des grottes préhistoriques (Villars – 26 000 ans) aux premières cités (Gobekli Tepe, Catal Hüyük,..) aux premiers écrits (Gilgamesh, Egypte, Celtes, et bien sûr Grecs et Romains…). La tradition perdure au moyen-âge, à la Renaissance. Picasso peint Guernica en s’inspirant d’une oeuvre qu’il avait dédié au matador Mejias tué par le taureau Granadino (pour l’anecdote Mejias refusa de se faire soigner, vous comprenez du coup pourquoi..)

La dernière page de la brochure tente par contre très maladroitement de régler ses comptes philosophiques avec les anti-corridas. Titré « Anthropocentrisme kantien et biocentrisme antispéciste », j’en extrais les paragraphes les plus vindicatifs

A une époque où l’idéologie antispéciste et vegane milite pour l’avènement de l’animal citoyen et la libération animale, où la mort devient virtuelle, où le passé des peuples est questionné par un révisonnisme culpabilisateur et où le présent est orphelin de toute forme de spiritualité philosophique ou sacrée, les conceptions anthropocentriste et biocentriste s’opposent de manière radicale sur la question de la place des animaux dans la société.

Pour la première, l’homme, être raisonnable au sens kantien du terme, est une fin en soi. Pour la seconde, au contraire, tout être vivantr mérite un même respect et il ne peut exister aucune ecxeption à la règle, fut-elle culturelle.

La course de taureaux concilie ces deux conceptions antagoniques car le taureau vit et meurt conformément à sa nature grâce au respect de l’homme qui l’élève en liberté et l’affronte loyalement.

in. La Course de Taureaux, uvtf.fr

Bon bon bon… c’est dommage ça gâche tout. Parce que le taureau ne vit pas libre et ne combat pas loyalement. Et on sera bien en peine de touver la nature du taureau déjà que l’on galère à savoir comment l’homme doit vivre si tant est que quelque chose pouvait être conforme à sa nature. Bref, côté philosophique, c’est pas ça.

Dommage car je suis ressorti de cette expérience mystique et magique (la mort, les arènes, l’irruption du vrai dans la société du spectacle…) plutôt prêt à me dire que la corrida c’est pas mon truc mais qu’on foute la paix à ceux qui aiment ça. Un peu comme une vieille culture aborigène qui nous fascinerait et sur lequel nous n’aurions rien à dire.

« Le barbare c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » disait ce bon vieux Levi-Strauss. Punaise j’en étais sûr, le grand Monsieur lui a parlé de la corrida dès son entrée à l’Académie Française.

Merci à la corrida d’exister.

Et merci à la corrida de continuer à évoluer… si elle veut encore exister.

PS : * Nhamis est le terme employé par les fondateurs de la revue Le Lichen (Laboratoire des Interdependances concernant les Humains et les Non Humains). Voilà une proposition concrète (quoique d’apparence farfelue) pour « egregoriser » les non-humains…

Le Covid façon puzzle

On l’a déjà oubliée, l’ambiance qu’il y avait la première fois. En mars, les premiers jours du confinement, il me semble que nous éprouvions une sorte de fascination pour la catastrophe invisible et inédite qui suivait son cours. Je me souviens par exemple que la première image qui m’était venue alors, c’était cette scène dans la série Tchernobyl où les gens contemplent le brasier nucléaire sans toutefois intégrer la dangerosité diaphane des radiations.

En novembre, c’est plus pareil. L’être humain est décidément un animal étonnant. La première fois il se fascine, la seconde fois il se lasse. Ou bien est-ce mon esprit seul, que je sais incapable de faire deux fois la même chose ? Ce deuxième confinement me fatigue pour des raisons pratiques mais aussi pour des raisons heuristiques. Peut-être que c’est comme le saut à l’élastique. A n’expérimenter qu’une fois !

Malgré tout il faut bien s’occuper. Pour ma part, je vous partage quelques préoccupations personnelles et professionnelles :

  • Oui je me lance : Animer le tiers-lieu à Soisy-sur-Seine avec la coopérative. Il y avait une super ambiance de rentrée mais là je vois bien que pas mal de copains sont sérieusement en train de se demander combien de temps va durer la mise en parenthèse de leurs activités. Ateliers, évènements, formations… tout est annulé.
    Je m’étais pour ma part inscrit à une super formation « design énergétique et inconfort thermique » pour tester en vrai la baignade glacée à Chambéry en Décembre.
  • eco-Sapiens : vous ai-je dit que le site est désormais entre de bonnes mains. J’aimerais simplement organiser une belle assemblée générale de clôture pour remercier tous les sociétaires de la SCOP qui ont participé à l’aventure il y a 14 ans !
  • Professeur à la fac : je donne deux TD en master à la fac d’Evry. C’est ma dernière année où j’ai pu transmettre le virus coopératif avec ce message clé : « l’argent n’est pas une fin, mais un moyen »
  • Professeur à l’école d’ingénieurs : ça c’est nouveau et je me réjouis peu à l’idée de donner un premier cours type « amphi » en visio. D’autant que j’aborde un sujet qui me passionne mais sans trop savoir où je vais : la sobriété numérique. Je sais au moins que je pourrai reprendre cette belle formule négaWatt : « nous n’avons pas besoin d’énergie, nous avons besoins de services qui peuvent être rendus par l’énergie« .
  • Activités associatives : notre club sportif comporte une centaine d’adhérents tous privés de cours divers (arts martiaux, gym douce, qi qong…) Heureusement les professeurs sont motivés pour tenter de la visio. Se pose alors la question de l’outil et de la prise en main. Zoom coupe au bout de 40 minutes et je n’aime pas les solutions propriétaires. J’essaie des instances jitsi et même talk sur nextcloud. C’est là où je réalise qu’en 10 ans rien n’a vraiment été fait pour rendre autonome les structures. Moi qui ai une approche « radin-frugal-sobre-décroissant » je réalise que je fais partie des happy few. Et je remercie au passage Infomaniak qui permet tout cela et me semble un peu dans le même état d’esprit.
  • Activités pour nourrir l’esprit : j’ai enfin pu lire un exemplaire de la légendaire revue « La Hulotte ». Il va me falloir les avaler d’un coup (binge reading…)
    Je suis aussi tombé sur un vieux magazine signé Cavanna intitulé « le saviez-vous ? »
    Décidément en 1974, les idées étaient plus vives, plus incisives, plus drôles.
    On y trouve un florilège de considérations absurdes comme une sorte d’anti-Sénèque :

Aussi grand que soit un trou, il y a toujours quelque chose autour.

Le seul autre animal au monde, qui comme le chameau, soit capable de traverser le désert sans emporter à boire est la puce du chameau.

La Terre exécute en vingt quatre heures un tour complet autour d’un axe imaginaire. A la voir on ne croirait jamais que la Terre est douée d’une aussi riche imagination.

Mais ce qui m’a décidé à reprendre la plume après tout ce ce temps, c’est mon petit déjeuner du matin. Un petit déjeuner initié par Gildas de Sidiese qui permet d’échanger avec quelques responsables « pollueur wanted« . C’est d’ailleurs avec ce genre de petit déj que j’avais ferraillé avec le DG de Nespresso. J’avais raconté dans un billet intitulé « Nespresso, prison et décroissance »que les alliés ne sont pas toujours là où on croit, que le monde est très souvent gris.

Cette fois c’était le DG de Citeo, anciennement « eco-emballages » qu’avec eco-sapiens nous avions en leur temps épinglés (sigle point vert, paradis fiscaux…). Avant c’était le CNIID qui leur tapait dessus; eux aussi ont changé de nom et s’appellent ZeroWaste (et ils continuent de faire du très bon boulot).

Je n’ai pas le temps de rentrer dans le cœur du sujet « déchets » mais j’ai trouvé pas mal de similarités avec le monde de l’énergie. A savoir que chez négaWatt, nous avons le fameux triptyque : « Sobriété, Efficacité, Renouvelables« . Et que pour les déchets on a l’équivalent « Réduire, Réutiliser, Recycler« . C’est la règle des 3R. Et qu’une fois que tout le monde est d’accord pour réduire, eh bien l’on s’empresse de discuter sur le reste, car c’est là où c’est stimulant en ingénierie, … mais on rate bien l’essentiel !

Et puis, en déchets ou en énergie, il y a le sujet à trolls, la bête noire. Dans l’énergie c’est le nucléaire qui « représente 2% de l’énergie dans le monde, mais 90% du débat ». Dans les déchets c’est le plastique. Il est partout, précipitant même un septième continent dans le Pacifique. Et on se creuse la tête pour savoir comment le recycler ce plastique avec ses blasons PET, PS, PVC, PP, PBA et compagnie sans que le béotien sache si au final « ça va dans la poubelle jaune ? »

Et quand on lit le rapport CITEO qui fanfaronne avec 70% de taux de recyclabilité, on masque celui du plastique qui est de moins de 30%. En fait, heureusement qu’il y a le verre (invention -5000 ans) et le carton (invention en 1751) pour sauver les apparences d’une performance dans le monde du recyclage.

OK, c’est facile de critiquer. Que proposer alors ? Et nous voici dans l’affreuse complexité du monde moderne où les 4 acteurs : l’Etat/Europe, les collectivités, les entreprises, les citoyens/consommateurs attendent que chacun fasse le premier pas. Au nom de l’économie, on ne veut pas embêter les marchands avec des interdictions pures et simples. Remettre la consigne ? Mais vous n’y pensez pas, il y a toute une logistique à penser ! Qui va payer ?

Parfois, à regarder mon propre parcours, je réalise que si j’ai toujours eu une certaine allergie à travailler avec un grand groupe, c’est la peur justement d’être dépassé par une inertie systémique. En vrai, je n’aimerais pas être Président de la République. On doit avoir le sentiment d’être tout puissant, mais finalement éprouver quotidiennement une frustration de voir que rien ne se met en mouvement. Vous vous souvenez qu’il y avait une réforme des retraites qui devait arriver l’année dernière ?

Ou alors il faut un gros grain de sable, par exemple un virus. Et là d’un coup, ce qui semblait impossible la veille (le télétravail, la fermeture prolongée des commerces, l’argent magique…) se met en place en quelques jours.

Ah mince, ça aussi j’en ai déjà parlé !

Les médias, le monde et nous

Copinage oblige, j’ai eu la grande chance d’être invité à la projection en avant-première du documentaire « Les médias, le monde et moi« , à l’UNESCO fin mars.

C’est toujours délicat quand un ami vous demande ce que vous avez pensé de son film. La bienséance prime sur une mauvaise séance !

J’appréhende donc toujours quand un proche me demande mon avis objectif sur un livre qu’il a commis. Un peu comme lorsque l’on vous montre une photo d’un bébé et que vous vous sentez obligé de dire « ah oui il est vraiment très beau ». Alors qu’évidemment… il est très beau.

En général on a la chance de ne pas connaître personnellement celui ou celle qui est derrière le stylo, la caméra, le micro. Or donc, comme indiqué par cette entrée en matière, Anne-Sophie Novel est une amie depuis bientôt 10 ans. Quand elle m’a annoncé le financement participatif sur Kisskissbankbank pour son projet de film, j’ai tout de suite contribué. Par amitié d’abord. Mais aussi parce que le sujet m’intéresse au plus haut point et que je savais que son point de vue « immergé » ne pouvait être que pertinent.

Mais il faut être lucide, un projet de film a une double exigence de fond et de forme ! Pas évident de réussir son premier film ! Eh bien ouf ! C’est réussi et je n’ai même pas eu besoin de me forcer à le lui dire 😉

De quoi ça parle

On dit souvent que « journaliste » est la profession la plus détestée des Français, avec « politique » et « banquier »… Cela en dit long sur le rapport que nous entretenons avec les médias.

Fake News, infobésité, rejets des médias, défiance à l’égard des journalistes, etc. La presse a du plomb dans l’aile, et le public semble en avoir ras le bol des informations déversées du matin au soir sur les ondes. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ? Est-il possible de renouveler le métier journalistique ? D’adopter une autre posture entre producteur et consommateur d’info ? A travers cette enquête, la réalisatrice, elle-même journaliste, partage son expérience, ses questionnements, et investigue les effets de la fabrique de l’information sur notre conception du monde.

Etant moi-même un grand consommateur d’informations, voire même un « journaliste frustré » le sujet me passionne. Cela fait des années que je cherche de l’information fraîche. Abonné de longue date à des journaux sans publicité (Canard Enchaîné, Décroissance, ArretSurImages, Reporterre en tant que donateur), je suis estomaqué que nous ayons collectivement aissé la presse se faire acheter par une poignée de milliardaires (Xavier Niel, PDG de Free : Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix ) ou envahir par le dogme publicitaire (Patrick Le Lay ex PDG de TF1 : Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible)

Le film commence sur la métaphore du marché où Anne-Sophie vend des « salades », des « feuilles de chou » et du « Poivre d’Arvor » à côté de vrais vendeurs de légumes. Et l’on réalise qu’effectivement l’alimentation de l’esprit devrait exiger le même souci que l’alimentation de l’esprit. Il y a de la junk food comme il y a de la junk news.

Le film est un road trip mêlant de nombreuses interviews avec des journalistes plus ou moins connus. On est forcément touché par les témoignages d’abord enthousiastes des fondateurs de la revue XXI, qui se lancent dans une autre aventure avec Ebdo… et que l’on retrouve bien déconfits un peu plus tard. Anne-Sophie ayant eu la « chance » de vivre cet épisode du début à la fin; de l’effervescence à la déception.

Il y a une belle séquence avec Stéphane Paoli (madeleine France Inter) qui est lucide sur sa profession et semble avoir beaucoup d’espoir sur le journalisme à ré-inventer. Là où on sent plutôt la narratrice dans un labyrinthe de questionnements ?


Quelles solutions pour faire du journalisme de qualité et surtout réinstaurer une relation de confiance ? Du journalisme positif (Danemark), du journalisme « social » (Philadelphie), du journalisme en coopérative (Nice-Matin), du journalisme qui va dans la rue (coucou les amis de #DataGueule !), du journalisme de youtubeurs (et le phénomène Thinkerview au fait ?)

A la manière de Demain, film des solutions de Cyril Dion et Mélanie Laurent, on explore des exemples concrets, des « solutions locales » plus ou moins reproductibles. Mais à la fin du film, la question reste largement en suspens.

Sur la forme c’est très réussi (infographies, mises en scène, mises en abîme, autodérision…) et me sont venue à l’esprit seulement deux critiques.

D’abord l’absence d’exemples en dehors de la sphère occidentale. Asie, Russie, Afrique, Amérique du Sud… là-bas aussi il doit y avoir des pannes et des solutions ? Bon après on ne peut pas tout traiter non plus !

Puis le taboo de l’argent, du modèle économique dans ces médias à ré-inventer. Or, ce n’est pas un scoop, ayant pas mal d’amis journalistes indépendants et consciencieux, c’est plutôt la galère et la précarité ! Difficile de trouver une rédaction qui traite bien ses reporters. Il ne reste donc que des médias alternatifs et confidentiels avec des conditions économiques intenables.

Voilà donc deux critiques dont je sais pertinemment que c’est par manque de place et peut-être aussi parce que l’on risque de perdre le spectateur, qu’elles n’y figurent pas.

Une fois digéré, repensant à ces scènes sur le marché aux fruits et légumes, je me suis rendu compte d’une inversion bizarre. Quand j’explique à mes amis ce qu’est une AMAP, je dis en résumé que c’est un abonnement sauf qu’au lieu de s’abonner à un journal, on s’abonne à un panier de légumes bio et locaux.

Eh bien qui sait, peut-être qu’il est temps d’expliquer ce qu’est un média : « c’est comme une AMAP mais on reçoit de l’information bio et locale » !

Est-ce pour cela que j’ai décidé de m’abonner subitement, malgré un peu de pub, à Alternatives Economiques ?

PS : à tout hasard, Flo Laval et Anne-Sophie Novel cherchent à diffuser très largement le film Les Médis, le monde et moi donc si vous avez des contacts, aidez-les !

Hélas le crédit coopératif…

Quoi de plus normal pour une coopérative que d’avoir son compte dans une banque coopérative ?

Pour ceux qui ne le savent pas, question éthique, il y a de sacrées différences parmi les banques. Le classement est fait par Les Amis de la Terre et en gros il y a les rouges (BNP, Sociégé Générale, Crédit Agricole), les orange (Banque Populaire, Banque postale, Crédit Mutuel) et les verts (Crédit Coopératif, La Nef).

A eco-SAPIENS, nous avons fait le choix d’être dans la banque la plus éthique qui soit et qui s’appelle La Nef. Transparent, innovant, engagé… on en parlé ici et .

Pour être précis, La Nef n’est pas (encore) autonome et dépend en partie du Crédit Coopératif (deuxième du classement) banque qui appartient au groupe BPCE (Banque Populaire x Caisse d’Epargne). On ne va pas rentrer dans les détails mais gardons à l’esprit que eco-SAPIENS est à La Nef et que notre interlocuteur est Crédit Coopératif. On a un chéquier Nef, un Rib Nef mais concrètemet, le service en ligne (espace client en ligne, facturation etc…) c’est le Crédit Coopératif.

Cet hermaphrodisme bancaire est un serpent de mer car parfois le Crédit Coopératif ne joue pas le jeu de son protégé. C’est une relation de « Je t’aime moi non plus » assez palpable quand on va à une AG de la Nef. Et ca frise parfois la trahison quand par exemple vous venez pour ouvrir un compte Nef et que votre interlocuteur vous oriente vers une offre Crédit Coop (c’est du vécu).

Mais La Nef a (avait) besoin du Crédit Coop techniquement parlant. Et le Crédit Coop a besoin de La Nef pour… pour je ne sais pas pourquoi en fait !

Ma petite embrouille avec Crédit Coop Marseille

Passé ce préambule un peu rébarbatif pour le non-initié, venons-en à une histoire pas très plaisante à expliquer. Nous sommes nombreux dans l’entrepreneuriat social à trouver que le Crédit Coop est en-dessous de tout. Que ce soit pour du perso (prêt immobilier, ouverture de compte…) ou du pro (prêt, pénalités abusives, ouverture de compte…) combien d’histoires ai-je entendu de la part d’amis et partenaires qui nous font tous conclure : « Quel dommage ! » Des gens convaincus, motivés, prêts à payer plus, quittent le Crédit Coopératif tellement le service est défaillant.

J’ai bien conscience qu’en disant du mal de mon « partenaire » bancaire, je prends un risque. Mais les lecteurs assidus de ce blog savent que ce genre de libération de la parole ne me fait pas peur. J’aime à citer ce vers de Rimbaud dans Une saison en enfer :  « Moi je suis intact et ca m’est égal… »

Comprenons-nous bien. Je souhaite de tout mon coeur que les acteurs au service de l’écologie, de la coopération, de la solidarité soient unis. Mais ce n’est pas une révélation que de dire que le monde de l’ESS connaît des guegueres et des rancunes. Par exemple la loi Hamon avait un peu crispé les tenants du « statut » (économie sociale) face à l’arrivée des « agréments »  (entrepreneuriat social).

Bref, rappelons une évidence. Je n’ai aucun plaisir à taper sur une aussi respectable institution. Le monde coopératif ne serait pas ce qu’il est sanc cette banque. Mais on a le droit de promouvoir le système social français tout en pointant les dysfonctionnements de l’URSSAF non ? Si !

L’exercice est pénible mais il va bien falloir que j’explique mon problème actuel avec le Crédit Coopératif. J’espère que cela incitera d’autres témoignages à l’instar de la dizaine reçue dans l’heure où j’ai posté sur Facebook mon désagrément.

Facilité de caisse… que c’est ?

Le point de départ c’est que notre SCOP est donc à LaNef/CréditCoopératif depuis 10 ans. On doit être dans la catégorie « client insipide » dans la mesure où nous n’avons jamais fait de prêt. Tout a démarré avec un capital collecté par nos magnifiques sociétaires réunis en SEP (du crowdfunding avant l’heure !). En 10 ans donc rien à signaler… Je n’ai jamais eu quelqu’un de La Nef. Et un coup de fil de courtoisie par an du Crédit Coop.

En 2012, nous avons sollicité le Crédit Coopératif pour une facilité de caisse à hauteur de 5 000 euros. Comme cela se pratique souvent, il nous a été naturellement demandé des justificatifs d’encaissements à venir. En l’occurence, il s’agissait d’un retard dans le paiement d’une subvention régionale liée à un programme d’emploi tremplin. Bref, du classique de gestion de trésorerie puisque 3 mois plus tard le compte redevenait positif. Pour longtemps.

Cette facilité est renouvelée automatiquement chaque année et se manifeste par un prélèvement appelé « Frais étude dossier ». Je ne vous cache pas qu’en réalité il n’y a pas d’étude réalisée. Mais cela arrange tout le monde. Le Crédit Coopératif prend quelques sous et nous, nous savons qu’en cas de tréso tendue, nous pouvons compter sur cette facilité.

En 2016, j’avais observé que malgré ce concours bancaire, quand le compte flirtait sous le zéro, les virements décaissés étaient surtaxées. J’avais passé le temps qu’il faut (6 mois, vingt emails) mais au final, tout est rentré dans l’ordre. Mis bout à bout, cela représentait environ 400 €. Ca devenait un peu ridicule car ce concours bancaire me coûtait :

  • un fixe de 100 € pour l' »étude de dossier » annuel.
  • des agios liés au plus fort découvert (normal)
  • des frais d’intervention (8,50 € par opération). Ceux qui m’ont été remboursés donc.

Bout à bout, cette facilité me revient bien plus cher qu’un emprunt mais nous n’avons pas d’emprunt à faire, juste une trésorerie soumise aux saisonnalités.

Février 2018, je vois passer le prélèvement « Etude Frais dossier ». Qui est passé à 150 € alors que trois mois plus tôt, le directeur d’agence m’avait écrit « Les frais de renouvellement en 2018 seront donc à nouveau de 102,50 € comme les années précédentes. » Mais bon, les frais bancaires ca peut augmenter.

Mars 2018, je reçois un coup de fil de mon « nouveau » chargé de compte. Ca change quasiment tous les ans, le chargé de compte. Et de toute façon je l’ai ai une fois par an au téléphone. Il me demande le dernier bilan. Simple formalité, je suis habitué. Je lui envoie, lui présente en quelques phrases notre activité tout ca tout ca. La pluie le beau temps.

Le lendemain, je reçois un accusé de réception (jamais bon signe…) et je découvre avec incompréhension le message suivant : « Le Crédit Coopératif n’a pas convenance à maintenir le concours court-terme. Vous avez 60 jours pour être en mode créditeur« .

Techniquement parlant, le Crédit Coopératif est en tort mais ne le sait pas… encore. Il pense être sur un concours à durée indéterminée auquel cas leur demande aurait pu être justifiée (mais en fait non, pas le temps de rentrer dans les détails). Aussi je leur réponds immédiatement qu’il s’agit d’une facilité annuelle (et je leur mets les verbatim des prédécesseurs montrant bien le caractère à durée déterminée).

Bon surtout, je leur signale que c’est carrément moyen niveau professionalisme. Le gars t’appelle, échange des banalités, raccroche, lit le document que tu lui as envoyé, puis, au lieu de te rappeler, décide d’envoyer un courrier avec recommandé.

On a fini par s’entretenir quelques jours plus tard et le chargé de compte s’explique : « Bah votre bilan il est pas terrible ! »

Oui je sais… il est pas terrible.

Mais bon on ne fait pas des instruments financiers sur le passé, plutôt sur les perspectives. Vous voudriez pas connaître mon plan futur ? Ou alors vous n’êtes pas banquier…

J’ai d’autres détails très croustillants sur les échanges depuis. Mais j’ai peur de perdre le lecteur. Au final, j’ai donc tenté de rassurer l’agence. Ils m’ont baladé en prétextant que ca allait passer en commission régionale, puis que non, enfin que oui si je signe une caution personnelle solidaire (sic). Et aussi qu’au Crédit Coop, les facilités de caisse se font toujours à l’oral (pratique !).

J’avoue avoir pété un câble quand la veille de la deadline, une employée m’a envoyé penaude un mail pour me dire de remplir une fiche sur mon patrimoine. Oui… on me demande de signer un truc avec mon patrimoine pour en échange, un engagement oral de la banque pour prolonger la facilité de caisse. Jusqu’à quand ? Tout à l’oral. J’ai fait confirmer plusieurs fois ce protocole à mon chargé de compte. Je n’en reviens toujours pas.

Donc voilà, les 60 jours sont révolus. Un prélèvement de loyer vient d’être rejeté. Sympa. Le compte est à – 500 euros et sera largement positif cet été. Pas de souci… Je l’ai expliqué et démontré. Je pourrais signer le papier ou avancer l’argent pour avoir la paix.

Sauf que je suis un peu têtu… et sûr de mon droit.

Me voici donc parti sur une saisie du service réclamation. J’ai prévenu l’agence qui acte cela et fait donc partir mon cas au service contentieux. Il semble que ce soit facturé 350 € (cf brochure).

Petit résumé : Chaque année depuis 7 ans, mon seul lien avec le Crédit Coopératif est un prélèvement pour concours bancaire et un coup de fil de courtoisie. Subitement, après avoir renouvelé ce concours en 2018, ils décident dans la foulée de l’annuler. Coup double. Tu prélèves 150 euros pour un service que tu annules 15 jours plus tard. Puis tu fais payer des frais indus et au final des frais de contentieux…

Cela pose la question du rôle non pas des banques… mais des hommes qui font la banque et qu’on appelle « banquiers ».

Au final, le plus déconcertant, c’est la sensation d’avoir en face des hommes qui exécutent des clauses algorithmiques. Un peu comme la fameuse règle des 3% qui fait paniquer tous les Etats… alors que rien ne justifie un tel seuil

Je reconnais volontiers qu’eco-SAPIENS n’est pas un client « intéressant » pour le Crédit Coop. Mais bon, on verse nos 600 € annuel sans mobiliser personne. Bref, on n’est pas intéressant mais on n’est pas encombrant.

Enfin maintenant… si.

En conclusion

Je n’ai rien à régler de particulier avec le Crédit Coopératif. Cette situation m’attriste comme elle en a attristé des dizaines d’autres que je connais. Et donc des centaines d’autres que je ne connais pas. J’ai vraiment envie que le monde coopératif puisse faire confiance à la banque qui porte ce joli nom de « coopératif ».

Si vous avez un témoignage, je suis preneur.

Je n’ai qu’un seul objectif. Que quelqu’un du Crédit Coop lise avec sincérité ce témoignage, appuie sur le même bouton que chaque année et que chacun puisse passer à autre chose. Par exemple en ce qui me concerne…. la promotion de l’éco-consommation, de la transition écologique pour l’énergie et la multiplication de tiers-lieux en coopérative.

MàJ du 18/06/2018 : Après avoir adressé emails, sollicitations en messagerie instantannée, appels et courriers, je suis toujours sans nouvelle.

Vegan, catastrophisme, Internet… blasé !

Je confesse passer trop de temps à lire à droite à gauche tout ce que la toile me fournit. C’est de la vraie procrastination. Sous couvert de coller à l’actualité ( « veille technologique »… vraiment ? ) j’absorbe chaque article ou interview qui me passe sous les yeux. Jusqu’à l’indigestion.

Les réseaux sociaux ne me proposent que des articles franchement déprimants. Tenez, pour exemple, ma revue de presse matinale façonnée par les algorithmes de facebook, mes flux rss et mes boites mails, m’ont appris que « le plancher océanique est tapissé de déchets plastiques« .

Le plus désespérant c’est aussi la réaction que cela suscite avec cette préconisation :

un réseau mondial de surveillance est nécessaire afin de partager les données sur la pollution plastique des grands fonds et « il faut s’appuyer sur les modèles de circulation océanique afin d’identifier la manière dont les déchets circulent ».

Je suis blasé car à chaque fois que l’on découvre l’ampleur des conséquences de notre humaine inconséquence, on se précipite pour mieux la comprendre. Là où il faudrait seulement agir.

La (relative) bonne nouvelle de cette revue matinale c’est le prix Goldman décerné à Claire Nouvian, fondatrice de Bloom, l’association qui alerte sur la surpêche en eau profonde. Reconnaissance environnementale pour son formidable combat mené contre les hypermarchés et la commission européenne.

Elle était l’invitée d’une émission radiophonique hier. Après avoir raconté avec émotion comment elle a survécu au Tsunami de 2004, à propos de son engagement, voici ce qu’elle déclare un moment :

Je suis désespérée, au sens il n’y a aucun espoir. On a pas le droit de le dire, surtout dans les médias. C’est pas la question de l’espoir, aujourd’hui c’est la question de l’action. Faisons tout ce qu’on peut, tout ce qui est à notre portée et on fera le bilan plus tard.

Cette phrase est dans la pure veine de la philosophie de Gunther Anders, que j’avais découvert il y a 10 ans grâce à la formidable maison d’édition « Encyclopédie des Nuisances« . Le sujet du catastrophisme éclairé, sur le fond, n’a pas beaucoup changé depuis Hiroshima. Seules la menace et l’imminence de la catastophe. A moins que nous ne soyons déjà dedans…

Sur la polémique Vegan

Depuis quelques mois l’actualité s’enflamme pour dénoncer l’activisime vegan. Ce terme jouit d’un éclairage médiatique, certainement grâce aux succès d’une part de l’association L214 et de l’engagement sincère de l’animateur et écrivain Aymeric Caron. Mais quiconque s’intéresse un peu au mouvement dit vegan sait que cette actuelle polémique date du siècle dernier. Et je me souviens de mes premières lectures anti-spécistes en 2003…

Je n’aime pas trop prendre ce ton blasé qui paraît forcément un peu condescendant. Car au contraire, je rafole du débat ! Mais pourvu qu’il puisse se réinventer.

Ce que je trouve positif et nouveau malgré tout, c’est le succès, grâce à la communication, de L214 et Bloom par exemple. L214, nous relayions déjà en 2011 (l’asso existe depuis 2008). Les caméras cachées dans les abattoirs ont fait mouche.

Pour Bloom, ce qui a fait mouche, c’est leur formidable B.D. pédagogique que nous avions relayée dès réception !

Pour les plus curieux, il existait un important mouvement « végétalien » dans la France de 1920 associée à un courant anarchiste (Rirette Maitrejean, Louis Rimbault…) qui avait plus ou moins tout dit à propos du débat vegan/anti-vegan (aujourd’hui allégorisé par Aymeric Caron/ Jocelyne Porhcer).

Ce n’est pas la première fois qu’au hasard d’une lecture, je réalise à quel point notre monde moderne a oublié que les dernières décennies avaient déjà très bien analysé les enjeux autour de l’Homme et de la Planète.

Internet et les applis webs

C’est aussi au hasard d’une lecture (fortuitement un autre anarchiste, l’anthroplogue David Graeber, dans Bureaucratie) que je suis tombé sur cette phrase page 162:

La plupart des gens qui travaillent dans des entreprises ou à l’univeristé ont été témoins d’une scène comme celle-ci. Un certain nombre d’ingénieurs sont assis dans une pièce, ils échangent des idées entre eux. Un nouveau concept, qui paraît prometteur émerge de leur discussion. Puis une personne qui pianote dans un coin, sur un ordinateur, après avoir effectué une rapide recherche sur Google, annonce que cette idée « neuve » est en fait ancienne; on a déjà essayé de la mettre en oeuvre.

Elle a soit échoué, soit réussi.

Si elle a échoué, aucun manager n’accepetera de dépenser de l’argent pour tenter de la ressuciter. Si elle a réussi c’est qu’elle a été brevetée, et on supppose qu’entrer sur ce marché est un objectif hors d’atteinte, puisque les premiers à y avoir pensé auront l’avantage du premier entré.

Le nombre d’idées à première vue séduisantes qui ont été étouffées dans l’oeuf de cette façon doit se compter par millions.

Et effectivement je pense avoir vécu ou provoqué ce genre de scène une dizaine de fois. Dédicace aux start-up de l’économie collaborative ! Mais bizarrement, comme pour le catastrophisme éclairé, cette course en avant technogique ne mène pas forcément à la paralysie, au contraire !

J’ai par exemple souvent ce genre d’échange sur toutes les applications censées nous aider à décrypter l’éco-consommation. Nous sommes nombreux à nous dire qu’une application web proposant une analyse en direct des articles à consommer (droits sociaux, impact environnemental, etc…) serait utile pour nous guider.

Peut-être. Mais, soyons fou, imaginons une appli qui reconnaît le poisson sur l’étal et vous dit en direct « attention, ce poisson fait l’objet d’une surpêche » ou « ce poisson encourage la pratique de la pêche électrique » ou « celui-ci favorise le raclage des fonds » etc etc… cela finirait par êttre absurde.

De la même manière que nous n’avons pas besoin d’un énième rapport pour identifier la manière dont les déchets circulent sur le plancher océanique, nous n’avons pas le temps de nous permettre d’affiner les algorithmes d’intelligence articielle et tutti quanti pour mieux évaluer le désatre en cours.

Je sais tout le côté paradoxal de ce propos, surtout pour un « guide d’achat éthique ». Effectivement, un moment donné, il faut bien savoir pour agir. Mais comme disait Sven Lindqvist dans « Exterminez toutes ces brutes » :

« Vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi.

Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conséquences ».

Départ d’Auroville – Utopie mirage miracle

Beaucoup de choses ont été dites, écrites, filmées sur Auroville. Alors il m’a semblé vain de rajouter une contribution personnelle, surtout venant d’une personne qui n’y est restée que 15 jours, avec une mission bien spécifique. Une sorte de prisme réducteur pour étudier ce drôle de joyau. Je n’ai vu de cet objet insolite qu’une facette parmi bien d’autres. Et, pour filer la métaphore de l’observateur, est-il tout simplement possible d’avoir une vue d’ensemble où simultanément, nous pourrions voir toutes les facettes en même temps ?

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L’éco-consommation en Inde / 2ème journée à Auroville

Cela fait une semaine que je suis à Auroville avec l’équipe de Earth&Us pour échanger sur la consommation responsable en France, en Inde et même dans le monde…

Cela prend du temps de comprendre un pays. Je crois même n’avoir pas encore compris un petit pays comme la France… Alors comprendre un pays d’un milliard d’habitants est voué à l’échec. Ce qui est intéressant, c’est de voir ce qu’il y a de commun. Et à y regarder de près, il y a bien plus de similtudes que ce que j’imaginais au préalable !

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Arrivée à Auroville – Earth&Us

Je suis arrivé samedi à Auroville.

C’est ma première fois en Inde et l’on m’avait averti : « tout ce qui est improbable finit par arriver en Inde« . Mais on a beau avoir été prévenu, les premières images donnent l’impression de vivre sur une deuxième Terre…

On m’a aussi mis en garde à propos d’Auroville.

« Ce n’est pas vraiment l’Inde. Déjà c’est l’Inde du Sud, moins pauvre, et en plus c’est un village-concept créé par des hippies européens. » Sous-entendu un vestige un peu neo-colonialiste, une sorte de parc d’attraction new-age où population intégrée, touristique et locale vivraient au même endroit mais avec des attentes différentes.

Je me souviens il y a une dizaine d’années, je découvrais à Aix-en-Provence la radio libre Radio Zinzine. J’y ai proposé quelques chroniques hebdomadaires, en direct… et parfois laborieuses (on ne s’improvise pas chroniqueur ). Cette radio émanait d’un eco-village relié à une plus vaste communauté appelée Longo maï.

J’avais entendu les accusations « classiques » contre ce village situé près de Forcalquier. Secte, planque d’activistes, enfants livrés à eux-mêmes. Je m’y étais rendu quelques fois, notamment pour une soirée anniversaire du hameau, avec notamment un émouvant concert en plein air, dans les montagnes, sous les étoiles, d’Allain Leprest accompagén au piano. Magique !

J’y avais surtout rencontré des tas des gens intéressants, divers et passionnés.

Je me souviens aussi que la banque La Nef, fut accusée un moment d’être une secte. Ca leur a fait mal. Pour avoir participé à 4 assemblées générales, même constat. Non seulement j’y ai croisé des participants divers et intéressants, mais surtout une organisation ouverte, pleinement démocratique et soucieuse du respect de chacun. Bref plutôt le contraire d’une secte…

Brainstrom avec l’équipe

Cela ne fait que deux jours que je suis à Auroville et donc il est délicat de formuler une opinion. Nénamoins je sens déjà que les jours prochains vont être riches.

Après avoir découvert l’équipe au complet de Earth&Us, avec Min et sept collaborateurs, je découvre là déjà une grande diversité. Une aurovilliennne, un du Nord, un du Centre. Toutes les religions, toutes les origines. Le seul point commun est qu’ils sont làparce qu’ils veulent faire du « sustainable developpment« . Allen plutôt data-analyst, Aromi sur les « partnership », Mohit plutôt graphiste, Tushita naturaliste (elle adore attraper les serpents pour les sauver quand des familles paniquées en trouvent dans leur maison) Et il y a Vijay, Krihsna dont je parlerai plus tard…

J’apprends donc au départ que pour un jeune Indien, Auroville est réputé pour ses formations en « écologie ».

Mais bien entendu, j’ai aussi envie de savoir si les motivations pour venir vivre à Auroville sont aussi d’ordre « spirituelle » ou « expérimentale ».

A l’issue de ces premiers jours, je suis déjà convaincu d’une chose. Auroville est un endroit agréable, d’une très grande tolérance, rempli de personnes bienveillantes pour la simple raison qu’elles sont venues chercher une de ces trois choses :

  • se former au développement durable
  • expérimenter la coopération et l’autonomie
  • suivre son développement personnel

***

On m’a fourni un vélo, une carte SIM et une lampe de poche (dont j’ai effectivement fini par comprendre la vitale utilité car même quand on m’a déposé à 5 mètres de ma chambre, je me suis perdu dans la jungle…)

Ma chambre, c’est un truc indescriptible, sur le toit d’une maison. Le bonheur d’être dehors, mêlé à la jungle est un peu terni par le froid en milieu de nuit et les stridulations d’insectes entrecoupés de sonores hululements.

Le vélo, c’est agréable comme tout. Parfois, le sable rouge colle aux dents, parfois les pavés font sauter la chaîne. On se perd forcément. Je pensais que la topographie, en cercles concentriques aurait certte vertu de toujours pouvoir se repérer. Mais non. On est quand même dans la jungle et les chemins finissent par se ressembler. Et c’est pire quand on a la carte…

Le plus compliqué c’est de savoir quoi faire et où aller. Je n’ai découvert qu’ajourd’hui le Visitors Center. Je me dis qu’un touriste qui ne voit que cela d’Auroville doit effectivement se poser des questions. Une expo sur les deux gourous fondateurs avec des boutiques et des restaurants tout attenant.

Fort heureusement, comme je suis bien encadré, voire chouchouté, on m’emmmène et on m’explique plein d’endroits. La solar kitchen est un bâtiment génial où l’on sert quantité de repas délicieux cuits grâce à un miroir solaire. En face, il y a justement une réalisation de Earth&Us, la « libray of things », un mélange de ressourcerie et de givebox. A savoir une bibliothèque où l’on peut tout emprunter : des vélos, des bassines, des sacs de rando, des jouets…

Earth&Us est aussi à l’orgine d’un système de coovoiturage minimaliste dans la région de Pondicherry.

Et je cogite avec eux pour réfléchir à ce que pourrait être un service mondial sur l’éco-consommation. Nous échangeons donc beaucoup sur nos pays respectifs, leurs attentes en terme d’environnement, de droits sociaux, de labels, de made in my country

Globalement, les réflexions sont très proches. Cela m’a même effrayé dans lamesure où je me suis ditr qu’effectivement, le monde est globalisé au détriment de la diversité culturelle.

Mais je trouve aussi cela rassurant car cela confirme que peu importe d’où nous venons, nous partageons les mêmes rêves et la même Terre. Et c’est un peu le message d’Auroville…

Matrimandir with fluffy clouds

« Un nouvel esprit d’unicité se répandra au sein de la race humaine… »

Sur ce ! c’est l’heure de l’apéro 😉

Un autre monde est possible. Et il est ici…

Le poète Paul Eluard aurait écrit quelque part « Il y a un autre monde… mais il est dans ce monde« . A moins que ce ne soit William Butler Yeats.

Quoiqu’il en soit j’ai toujours aimé cette formulation qui résout le dilemme de l’utopiste. Terme-quolibet qui est de mise quand on se trouve face à un résigné … qui lui-même se qualifiera de réaliste !

Techno-Sapiens ou Eco-Sapiens

Parmi une foultitude de remarques audacieuses dans Homo Deus de Yuval Noah Harari il y a celle-ci à propos des prédictions qui ne se réalisent pas. Non pas car elles sont délirantes mais au contraire très probables et plutôt effrayantes. Et permet conséquemment de s’en écarter*.

Là encore, on voit bien que la frontière entre l’idéaliste et le réaliste n’est qu’une convention. Cela marche également pour le passé. Tant de vestiges archéologiques tout bonnement inconcevables et qu’il nous faut pourtant bien constater. Là sous nos yeux incrédules des blocs monumentaux, des tracés vertigineux, des objets anachroniques…)

Et voilà que je reviens des universités négaWatt. A la différence du club de Rome qui publia son fameux rapport en 1976, l’association négaWatt propose un chemin vers le futur. Un futur désirable (bien plus que celui d’Harari…) soucieux de concilier impératif écologique (CO2, fossiles, fissiles…) et confort humain. Une sobriété est inévitable (se déplacer un peu moins, manger moins de viande, sus au gaspillage…). Et le reste est une question d’optimisation technique et sociétale.

J’y ai découvert concrètement ce qu’était un économe de flux. A savoir un bonhomme chargé au sein d’une collectivité (mais ca pourrait marcher pour une entreprise, un hopital…) de réduire la conso et de faire baisser la facture. Des baisses de 8 à 15% sont immédiatement trouvables. A Montpellier, c’est 2 millions d’euros économisés chaque année… Juste en surveillant les gaspillages d’eau, d’électricité, de carburant etc.

Ca laisse rêveur… Mais c’est la réalité.

Direction la Drôme.
Dans le village voisin de Dieulefit (ça ne s’invente pas !) on va fêter le premier anniversaire du LowCal, un ouvrage conçu par Enertech qui est un peu la référence en bâtiment performant. Le résultat est au-delà des attentes.

Sans chauffage, sans climatisation, construit en paille et ossature bois, il bat tous les records. 35 postes de travail pour 620 m2 utile et une conso électrique de 5,9 kWh/m2 sur l’année. Pourtant l’hiver fut rude et la moitié de cette consommation dérisoire est due à un appoint de chauffage électrique… qui est pourtant la bête noire de tout physicien !

La toiture photovoltaïque de 153 m2 a produit 9 fois plus que cette consommation. Et le tout à un prix abordable avec une faible énergie grise (matériaux naturels et locaux). Bref, un truc complètement délirant… qu’il suffit de visiter à quelques heures de Lyon…

Autant dire que lorsque l’on revient des universités negaWatt on a un peu les yeux qui brillent. On retrouve les contrariétés du quotidien assez vite.

Par exemple toujours cette lecture en cours de Homo Deus qui fait mal tant il force à poser les bonnes questions sur ce que veut l’homme. L’immortalité ? Le bonheur sans conditions ? L’omnipotence ?

Les trois.

Et hélas, il y a fort à parier que cet avenir teinté de robots, de cyborgs et d’artefacts rendra toute cette beauté sus-mentionnée dérisoire.

Et il y a aussi cette contrariété tellement banale. Ouvrir la porte de son bureau le lundi matin au retour. Surprendre son collègue avec un mini-chauffage bruyant, olfactif et énergivore. Lui faire remarquer qu’en cette journée d’octobre, il fait près de 21°. Qu’on a pas connu cela, pas même en 1921, qui fut une longue sécheresse d’ailleurs à l’origine de la grande famine soviétique. Le changement climatique. Lentement mais sûrement.

Comme la grenouille dans l’eau qui subrepticement chauffe, chauffe, chauffe.
Et se faire nonchalamment rembarrer… « Je fais ce que je veux ! »

C’est un mauvais rêve ? Non c’est la réalité.

* « Les historiens n’étudient pas l’histoire pour la répéter mais pour s’en libérer. »

Il s’agit d’un passage assez amusant à propos des pelouses ! En résumé, ce culte de la pelouse domestique que l’on retrouve en Occident (mais désormais aussi dans les pays désertiques du Golfe…) remonte aux signes de prestige des rois et ducs de France. Une fois que l’on connaît l’histoire des pelouses, on est aussitôt pris d’envie de basarder sa tondeuse et de tout laisser pousser !