Baptiste RABOURDIN

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Étiquette : emploi

500 ans après, Magellan finit son tour du monde

Mercredi, Montreuil, « il pleut doucement sur la ville » comme écrivait Verlaine citant Rimbaud. Je parviens au toit d’un immeuble industriel en bordure d’autoroute. L’édifice des années 70 s’appelle MoZiNor (Montreuil Zone Industriel Nord) et il va falloir mettre la fiche wikipedia à jour car le dernier étage, appelé lot 38, comme dans un roman de Thomas Pynchon, n’abrite plus d’ateliers d’artistes.

Sébastien et Katie m’accueillent dans leur atelier. Ils ont entièrement rénové le lieu. Méconnaissable. Nous sommes à l’Atelier Magellan où les artistes ont laissé place aux saveurs épicées et chocolatées.

J’avais prévu de passer une petite heure, comprendre leur aventure, découvrir leur secret et les dessous de leur succès. Une épicerie, un atelier bio, équitable, solidaire avec des saveurs venus du monde entier et maintenant ils couvent le projet d’une boulangerie spécialisée dans les « intolérances » (sans gluten, sans lactose) en SCOP… je crois pouvoir affirmer que si vous voulez retrouver de l’espoir dans l’humain, partager un thé tout là-haut en contemplant la tour Eiffel ici et les bois franciliens là-bas, vous êtes au bon endroit.

J’avais prévu une heure. Nous avons discuté quatre heures avec passion. Si certaines entreprises s’adonnent au story telling qui sert le plus souvent à cacher une réalité peu reluisante, Sébastien et Katie Magellan (ils sont frères et soeurs) révèlent que le nom de Magellan n’est pas une marque… C’est leur nom de famille !

D’origine portugaise, ils sont nés en France mais font partie de cette grande famille liée au célèbre explorateur, premier homme à avoir fait le tour du monde. Les plus précis diront qu’en réalité, Fernand de Magellan n’a pas fini sa boucle puisqu’il est mort aux Philippines. Qu’importe, ce nom est resté, même pour un détroit et deux galaxies. C’est pas rien !

500 ans après donc, l’expédition continue ! Forte d’une famille nombreuse, l’équipe parvient à s’atteler dans le soutien de producteurs à travers le monde en nous ramenant, par bateau, des épices, thés, cafés et cacao en bio/équitable. Dernièrement, ils se sont mis dans la transformation; ils ont le « laboratoire » (avec des éléments récupérés à la vente aux enchères du Ritz s’il vous plaît !) et peuvent même prétendre au titre, plutôt rare, de chocolatier (à ne pas confondre avec les couverturiers).

Quand ils racontent leur début, la petite boutique à Versailles, l’entrepôt au port de Conflans-Sainte-Honorine, et maintenant donc le lot 38 de Mozinor qu’ils ont retapé des mois entiers, on se dit qu’il y a certainement un mécène ou un banquier derrière tout cela. Et la réponse est non ! Du réseau amical, de l’abnégation et bien sûr beaucoup beaucoup beaucoup d’énergie.

Leur dernier projet, encore plus fou, consiste à soutenir la petite dernière dans un projet d’entreprise d’insertion, destinée à former et valoriser le travail des femmes dans le milieu très machiste de la boulangerie !

La SCOP du Pain de la Liberté, c’est aussi avec un agriculteur et des céréales locales ! C’est le complete combo ! Et c’est même pas pour rentrer dans les cases d’un quelconque appel à projet ou ligne subventionnable.

C’est une histoire encore plus simple, plus évidente. Katie et Sébastien ont deux sœurs, qui sont intolérantes au gluten et au lactose. Phénomène d’ailleurs de plus en plus fréquent dans nos sociétés et encore mal diagnostiqué.

Et faire du pain sans gluten c’est tout un art.

Alors elles ont décidé monter leur propre boulangerie sans gluten (sachant qu’elles ont déjà une formation en boulangerie) et il ne leur manque « que » le four. L’agriculteur, le lieu, les clients… tout ca est déjà en place.

Bon vous me voyez venir… Pour acheter le four, direction le crowdfunding. Et je dois dire que nous sommes fiers à eco-SAPIENS d’être mentor d’un si beau projet, avec un si beau nom.

Ca s’appelle « Le pain de la liberté » , ce qui est fortuitement le titre d’un roman dont l’histoire semble se confondre, involontairement, avec celle de cette aventure boulangère ! Il y a des signes…

L’intolérance au gluten concerne de plus en plus de monde et parfois on n’en a même pas conscience. Des diététiciens recommandent carrément des régimes sans gluten car cette protéine est suspectée de causer de nombreuses maladies. Bref, vous êtes peut-être intolérant, à plus ou moins haut degré, et vous ne le savez pas.

Allez, si vous aimez le pain et si vous aimez la liberté alors vous pouvez contribuer au Pain de la liberté dès maintenant !

1000 vaches, et 1 choix de société

Alors que, comme nous l’apprend le journaliste Fabrice Nicolino, les dernières péripéties chevalines de la bouf-findus-trielle ne constituent qu’un avant goût du scandale alimentaire qui s’annonce, un entrepreneur du BTP voudrait faire construire en baie de Somme une usine à vache.

Objectif : 1000 vaches et 750 veaux, et un méthaniseur (boîte à caca) de taille industrielle pour accompagner tout ça. Malheureusement, des riverains passéistes et rigides ont formé une association pour s’opposer au projet : NOVISSEN (NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement).

Il y a tout juste un an, on en était là :

De merveilleux Picards se mobilisent donc pour l’interdiction du projet. Le préfet, lui n’en a cure, et a récemment donné son aval au projet, mais en réduisant le cheptel de moitié du fait du manque de surface d’épandage. Les porteurs de projet, qui maintenaient auparavant que « réduit » à 500 vaches le projet n’était plus rentable, se rétractent et consentent désormais à « démarrer » l’exploitation avec ces quelques centaines de bêtes, pour une montée en puissance progressive…

Un fabuleux projet qui met en danger la santé, l’environnement, la sécurité des riverains, tout en faisant fi de la condition animale, nous en manquions justement.


Envie d’agir ? Ça tombe bien : une pétition circule, et pour vous dégourdir les jambes, une manifestation aura lieu en marge du salon de l’agriculture, ce dimanche 3 mars à Paris (météo ensoleillée prévue !).

Manifestation qui tombe à pic en voyant l’ouverture de plusieurs portails gouvernementaux consacrés à l’agro-écologie.

 

Mais au fait… …Milles vaches ?

Vous vous souvenez ? C’est aussi un plateau : le plateau de Millevaches, qui s’étend pour sa majeure partie sur le département de la Corrèze ; tout un symbole. Sur ce plateau là, foin des usines à vaches, mais des coopératives à foison.

Alors pour dimanche, passons-nous le meuh !

Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent » et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ? »

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.
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Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !
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La mobilité durable : des eco-SAPIENS au travail.

Piste cyclable Marseille

En ce jour d’ouverture de la semaine européenne de la mobilité durable, un petit coup de projecteur sur notre coopérative et la mobilité de ses salariés.

Nous nous intéressons dans cet article à la mobilité au travail. Avec l’augmentation du pétrole il ne vous a pas échappé que le coût pour aller au travail était non nul ! Par ailleurs, être coincé dans les bouchons, constater que la majorité de ces voitures n’ont qu’un seul passager à bord, c’est souvent énervant !
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Sauver le quotidien du monde ou sauver notre quotidien ?

« Mais tu n’as pas cherché de travail ? »…
voici la phrase que nous pouvons entendre régulièrement au sein de l’équipe des eco-SAPIENS.

Pour nos parents, notre entourage, créer le site eco-SAPIENS est assez-un peu-très (selon les opinions) valorisant, mais cela ne représente pas à leurs yeux un véritable « travail ».
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